Apocalypse #13 Le retour du Roi– chapitre 19

Prédication de Pierre Constant, 2022_04_04, église AB Lausanne-Renens

titre: Apocalypse #13 Le retour du Roi– chapitre 19 , (écoutez/visualiser ci-dessus).

Résumé : Babylone la grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre (Apoc 17.5), aussi grande ait-elle pu être, est maintenant détruite, tombée, dépouillée, mise à nu, dévorée, brûlée par le feu (17.16). Les rois de la terre, les marchands de la terre, les pilotes, caboteurs, marins, travailleurs de la mer ont tous crié leur désespoir, parce qu’ils avaient été enivrés du vin de sa débauche, parce qu’ils avaient participé avec elle et s’étaient cru forts, immortels, invincibles, dans leur soif de puissance et leur mercantilisme sans fin. Leur folie mercantile a été leur perte.
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Le retour du Roi– Apocalypse 19

Introduction


Babylone la grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre (Apoc 17.5 ), aussi grande ait-elle pu
être, est maintenant détruite, tombée, dépouillée, mise à nu, dévorée, brûlée par le feu (17.16).
Les rois de la terre, les marchands de la terre, les pilotes, caboteurs, marins, travailleurs de la mer ont tous crié
leur désespoir, parce qu’ils avaient été enivrés du vin de sa débauche, parce qu’ils avaient participé avec elle et
s’étaient cru forts, immortels, invincibles, dans leur soif de puissance et leur mercantilisme sans fin. Leur folie
mercantile a été leur perte.
C’est maintenant le temps où il n’y a plus de temps, il n’y a « plus de délai, » tel que l’avait annoncé l’ange se
tenant debout sur la terre et sur la mer (Apoc 10.6-7 ).
Apocalypse 19 accomplit deux choses :
• il reprend la chute de Babylone (19.1-11), elle-même se subdivisant en deux parties (sous l’angle de
deux femmes) :
o le jugement de la grande prostituée (vv. 1-4),
o et l’annonce des noces de l’Agneau avec son épouse (vv. 5-11).
• Ce chapitre présente ensuite le retour du Roi (19.11-21), encore une fois sous deux angles :
o la victoire du Roi des rois accompagné des armées célestes (vv. 11-16),
o et la défaite complète et totale de la bête, du faux prophète, et des rois de la terre et de leurs
armées (vv. 17-21).
Ce chapitre est en fait un flash, une image rapide de ce qui sera présenté plus en détail aux chapitres 20–22.
Rappelons-nous que la littérature apocalyptique est très rarement chronologique ; elle fonctionne plutôt par
suite d’images, semblable à la bande-annonce d’un film.


A. La chute de Babylone (19.1-10)

Le jugement de la grande prostituée (19.1-4)
Jean reprend ici, en quelques versets, les deux chapitres précédents : la chute de Babylone la grande.
a. Bien que Jean mentionne brièvement le jugement de la grande prostituée (aux vv. 2-3), la chute de Babylone
est évoquée sous un angle particulier : sous l’angle des jugements de Dieu. Si « le salut, la gloire et la puissance
sont à notre Dieu, » c’est en raison de ses jugements (v. 1), parce que ses jugements sont véritables et justes
(v. 2). On peut parler des jugements de Dieu selon deux perspectives différentes :


• la perspective des souffrances infligées aux êtres humains, à la bête et au faux prophète. Vu sous cet
angle, les jugements de Dieu nous apparaîtront toujours injustes ;
• la perspective de la justice de Dieu qui s’accomplit, en raison de sa sainteté et en réponse à l’injustice de
ses créatures. Vu sous cet angle, les jugements de Dieu apparaîtront toujours comme justes, parce
qu’émanant d’un Dieu juste, créateur, omniscient, et trois fois saint.
La Bible ne se complaît jamais dans la souffrance humaine, ni chez les prophètes de l’AT ni dans l’Apocalypse.
Même les descriptions les plus sanguinaires des jugements de Dieu (et nous en avons vu des exemples en
Apocalypse 14 , tout comme il s’en trouve une autre en fin de chapitre 19 de l’Apocalypse) ne sont jamais
destinées à susciter la haine ou la vengeance du peuple de Dieu ; au contraire, ce sont plutôt la sainteté de Dieu,
le dégoût divin contre tout ce qui est injuste, et la nécessité que justice ultime soit rendue, qui se situent au
coeur de ses jugements.
b. La grande prostituée est jugée en réponse à deux péchés en particulier (v. 2) :
• son premier péché a été de corrompre la terre par son inconduite (sa débauche), un terme à prendre au
sens spirituel d’idolâtrie, du fait de s’élever au rang de Dieu, de déterminer elle-même ce qui est bien et
ce qui est mal, et d’entraîner le monde à sa suite (évoqué en 14.8, longuement décrit en Apocalypse 18 ,
et résumé en 18.23) ;
• son deuxième péché a été de verser le sang des saints, une vérité déjà évoquée à quelques reprises :
o le jugement de la troisième coupe (fleuves et sources d’eau changées en sang) est en réponse au
fait d’avoir « versé le sang des saints et des prophètes » (16.6)
o Babylone est décrite comme étant « ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus »
(17.6)
o ce péché est enfin mentionné de nouveau en 18.24 (« on a trouvé chez toi le sang des prophètes
et des saints et de tous ceux qui ont été égorgés sur la terre, » une expression qui n’est pas sans
rappeler Apoc 6.9-10 , par la répétition du participe evsfagme,nwn)
c. Enfin, ce jugement exercé contre la grande prostituée est encerclé de part et d’autre par des louanges célestes
qui rendent gloire à Dieu : Alléluia (19.1, 3, 4). Les jugements de Dieu, qui apparaissent comme étant
profondément injustes aux yeux des humains, sont réellement « véritables et justes » (v. 2). Nous sommes
tellement ancrés dans notre propre injustice, tellement centrés sur nous-mêmes, obnubilés dans notre
égocentrisme, ensorcelés sous le charme de nos péchés, que nous crions à l’injustice lorsque le seul Dieu juste
exerce sa justice.
Les objections contemporaines à la doctrine du dernier jugement, ou des jugements tout court, tiennent
beaucoup plus d’une attention exclusive accordée à la souffrance humaine qu’à la sainteté et à la justice de
Dieu. Sans se délecter de la souffrance humaine, sans tomber dans un Évangile entièrement porté vers le
jugement, nous ne pouvons passer le jugement de Dieu sous silence, sous prétexte qu’il fasse violence à notre
sentiment d’injustice. Dieu est saint et juste, et ses jugements sont véritables et justes. Nier ou amoindrir la
réalité du jugement de Dieu, c’est rejeter ou restreindre la sainteté de Dieu, c’est désavouer la vérité divine
quant à la profonde immoralité de nos péchés, c’est faire fi de l’amour de Christ manifesté à la croix, c’est
prendre à la légère la portée vicariale (susbtitutrice) de la mort de Jésus à la croix.

Les noces de l’Agneau avec son épouse (19.5-10)
a. Dieu a établi son règne ! Après l’appel d’une voix sortant du trône, c’est la voix d’une foule nombreuse
(parallèle à celle du v. 1) qui acclame Dieu, cette fois-ci non pas pour ses jugements véritables et justes, mais de
ce que le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, a établi son règne.
• D’une certaine manière, Dieu règne actuellement. Dieu dirige les destinées humaines, et rien n’échappe
à son contrôle. Le monde présent existe par la puissance et par la volonté de Dieu (cf. Apoc 4.11 ).
• Mais d’autre part, l’Apocalypse présente aussi un règne final, absolu, là où il n’existera plus aucune
résistance à l’autorité et la majesté de Dieu. C’est ce règne dont il s’agit ici. Et ce règne est présenté ici à
l’aide d’un nouveau titre : les noces de l’Agneau. Après le jugement de Babylone la grande, la mère des
prostituées et des abominations de la terre (17.5), nous avons ici la mention d’une autre femme,
l’épouse de l’Agneau, vêtue de fin lin, éclatant et pur.
Nous avons déjà noté le fait que, dans la littérature apocalyptique, la signification des symboles est donnée
parfois immédiatement, parfois un peu plus loin dans le texte, parfois encore plus loin, et parfois pas du tout.
Nous avons un cas ici où la signification d’un symbole est donnée immédiatement : « Le fin lin, ce sont les oeuvres
justes des saints » (v. 8).
• Jean n’entend certainement pas par là un salut basé sur nos oeuvres ; il a déjà mentionné à plus d’une
reprise que notre salut repose sur l’oeuvre de Jésus, sur sa mort à la croix. La délivrance de nos péchés
nous est accordée « par son sang » (Apoc 1.5 b). Les saints ont vaincu le grand dragon, le serpent ancien,
appelé le diable et Satan, l’accusateur de nos frères,  » à cause du sang de l’Agneau » (Apoc 12.11 ), une
référence sans équivoque à la mort expiatoire et propitiatoire de Jésus à la croix. Le Roi des rois est
« vêtu d’un manteau trempé de sang » (19.13).
• Si son épouse s’est préparée (v. 7), c’est parce qu’il lui a été donné (le verbe est au passif, indiquant que
cela lui a été donné par Dieu, sans aucun doute) de se vêtir d’oeuvres justes, alors qu’elle est déjà
l’épouse de Christ. Ce ne sont pas ces oeuvres qui font d’elle l’épouse, mais ce sont les oeuvres dont elle
est revêtue du fait qu’elle soit l’épouse. C’est parce qu’ils ont été rachetés par le sang de l’Agneau que
les membres du peuple de Dieu ont pu vaincre le diable, qu’ils ont pu persévérer dans leur témoignage
envers la personne de Jésus.
b. Autant les anges possèdent un rôle important dans la littérature apocalyptique, autant l’enseignement de
l’Apocalypse demeure fidèle à l’enseignement de Jésus (vv. 9-11).
En réponse à la déclaration de bénédiction (que l’on appelle en langage théologique un macarisme – du mot
grec maka,rioj), Jean se prosterne aux pieds de l’ange. Celui-ci le reprend sur le champ et l’empêche de
continuer. L’interdiction est présentée en trois temps :
• Un rappel de la nature de l’ange : « ton compagnon de service et celui de tes frères »
• L’ordre d’adorer Dieu seul ! L’Apocalypse a présenté à plusieurs reprises déjà que tous se prosternent
devant Dieu – et devant l’Agneau !
• La prophétie dont cet ange est le porte-parole vise la personne de Jésus. Notre grandeur ne repose que
sur notre relation à lui et sur le témoignage que nous lui rendons, sans plus.


B. Le retour du Roi (19.11-21)

Le roi victorieux (vv. 11-16)
La suite du chapitre présente le retour du Seigneur Jésus, à l’aide d’expressions déjà mentionnées en Apocalypse
1, mais cette fois-ci sous la forme d’un cavalier :
• son nom : Fidèle et Véritable (v. 11), Parole de Dieu (v. 13), Roi des rois et Seigneur des seigneurs (v. 16)
• ses oeuvres : il juge et combat avec justice (v. 11), accompagné de ses armées (v. 14), et il foule la cuve
du vin de l’ardente colère de Dieu (v. 15, un écho d’Apoc 14.19 )
• la description de sa personne :
o yeux (flamme de feu – 1.14), tête (plusieurs diadèmes), nom écrit (que nul ne connaît), manteau
(trempé dans le sang) (vv. 12-13), tous des éléments évoquant la royauté
o ses armes : une épée à deux tranchants (1.16), avec laquelle il frappera les nations et les fera
paître avec un sceptre de fer (allusion au Ps 2.9 , déjà cité en 2.27 et 12.15)
Ce Roi qui revient est donc présenté sous des traits militaires et conquérants. La suite nous présente une victoire
totale, univoque, sans égale.

Une victoire totale et sans équivoque (vv. 17-21)
Nous avons droit à une autre description d’une victoire violente, à l’aide d’images évoquant un véritable
carnage. Ces images ne sont pas présentées pour exprimer un sentiment de vengeance, mais une victoire totale
et sans égale. La liste des ennemis vaincus est impressionnante :
• rois, chefs militaires, puissants, chevaux et leurs cavaliers, tous, libres et esclaves, petits et grands (v. 18)
• la bête, les rois de la terre et leurs armées (v. 19)
• la bête, le faux prophète (v. 20)
• les « autres » (ceux qui avaient reçu la marque de la bête, qui se prosternaient devant son image) (v. 21)
L’image des oiseaux se rassasiant des vaincus, dévorant goulûment leur chair, évoque l’effroi et la violence des
combats. Si le diable et ses alliés sont vaincus, ils n’admettent aucunement leur défaite, ou du moins ils ne
courberont pas l’échine sans essayer de produire le maximum de dégât possible. Le texte est silencieux sur la
déroulement des combats, et ne donne que la sombre image de la défaite des vaincus.


Conclusion


Si le Seigneur Jésus est présenté comme le Prince de paix, l’Agneau de Dieu, cet Agneau est victorieux, lui qui
nous a délivrés de nos péchés et qui a vaincu le diable par sa mort sur la croix, lui qui possède toute autorité et
tout pouvoir de mener à terme un combat qu’il a initié en versant son propre sang à la croix, et qui se termine
en versant le sang de ses ennemis.
Rien d’autre que sa mort sur la croix ne nous délivre de nos péchés, et rien d’autre que la mise à mort violente
de ses ennemis ne les conduira à reconnaître une fois pour toutes leur défaite.
Certains, parmi les chrétiens du premier siècle, ont dû mener un combat jusqu’à la mort dans leur témoignage
rendu à Jésus-Christ. L’Agneau de Dieu, mort à la croix pour eux, les assure d’une victoire totale, éclatante, sans
triomphalisme, mais sans aucune équivoque.
D’autres frères et soeurs à travers l’histoire ont eu à payer leur témoignage au prix de leur vie. Encore de nos
jours, certains sont mis à mort sans pitié parce qu’ils rendent témoignage à l’exclusivité, l’autorité et la
seigneurie de Jésus-Christ. Puissent-ils trouver, puissions-nous trouver, avec les multitudes célestes, et dans la
certitude de la victoire de Jésus à la croix, le courage et la ténacité à persévérer.

Versets Clefs et Passage Biblique

Apocalypse 19 / Bible Segond21

1. Après cela, j'entendis dans le ciel comme la voix forte d'une foule immense qui disait: «Alléluia! Le salut, la gloire et la puissance sont à notre Dieu.
2. Oui, ses jugements sont vrais et justes, car il a jugé la grande prostituée qui corrompait la terre par son immoralité et il a vengé ses serviteurs en lui redemandant leur sang, qu'elle avait versé.»
3. Ils dirent une seconde fois: «Alléluia! Et la fumée de cette ville s'élève aux siècles des siècles.»
4. Les vingt-quatre anciens et les quatre êtres vivants se prosternèrent alors et adorèrent le Dieu qui est assis sur le trône en disant: «Amen! Alléluia!»
5. Une voix sortit du trône et dit: «Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands!»
6. Et j'entendis comme la voix d'une foule immense. Elle ressemblait au bruit de grosses eaux, au grondement de forts coups de tonnerre, et elle disait: «Alléluia! Car le Seigneur, notre Dieu tout-puissant, a établi son règne.
7. Réjouissons-nous, soyons dans la joie et rendons-lui gloire, car voici venu le moment des noces de l'Agneau, et son épouse s'est préparée.
8. Il lui a été donné de s'habiller d'un fin lin, éclatant, pur.» En effet, le fin lin, ce sont les oeuvres justes des saints.
9. L'ange me dit alors: «Ecris: 'Heureux ceux qui sont invités au festin des noces de l'Agneau!'» Puis il ajouta: «Ces paroles sont les véritables paroles de Dieu.»
10. Je tombai à ses pieds pour l'adorer, mais il me dit: «Garde-toi bien de le faire! Je suis ton compagnon de service et celui de tes frères et soeurs qui gardent le témoignage de Jésus. Adore Dieu, car le témoignage de Jésus est l'esprit de la prophétie.»
11. Ensuite, je vis le ciel ouvert, et voici qu'un cheval blanc apparut. Celui qui le montait s'appelle «Fidèle et Véritable», il juge et combat avec justice.
12. Ses yeux étaient comme une flamme de feu et il y avait de nombreuses couronnes sur sa tête. Il portait un nom écrit, que personne d'autre que lui ne connaît.
13. Il était habillé d'un vêtement trempé de sang. Son nom est «la Parole de Dieu».
14. Les armées célestes le suivaient, montées sur des chevaux blancs et habillées d'un fin lin, blanc et pur.
15. De sa bouche sortait une épée aiguë [à deux tranchants] pour frapper les nations. Il les dirigera avec un sceptre de fer et il écrasera lui-même le raisin dans la cuve à vin de l'ardente colère du Dieu tout-puissant.
16. Il portait sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit: «Roi des rois et Seigneur des seigneurs».
17. Je vis un [autre] ange debout dans le soleil. Il cria d'une voix forte à tous les oiseaux qui volaient haut dans le ciel: «Venez, rassemblez-vous pour le grand festin de Dieu
18. afin de manger la chair des rois, la chair des chefs militaires, la chair des guerriers, la chair des chevaux et de ceux qui les montent, la chair de tous les hommes, libres et esclaves, petits et grands.»
19. Alors je vis la bête, les rois de la terre et leurs armées rassemblés pour faire la guerre à celui qui montait le cheval et à son armée.
20. La bête fut capturée, ainsi que le prétendu prophète qui avait accompli devant elle des signes miraculeux pour égarer ceux qui avaient reçu la marque de la bête et adoré son image. Tous les deux furent jetés vivants dans l'étang ardent de feu et de soufre.
21. Les autres furent tués par l'épée qui sortait de la bouche de celui qui montait le cheval, et tous les oiseaux se rassasièrent de leur chair.

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