Apocalypse #14b: Un livre ouvert – chapitre 22

Apocalypse #14b: (chap 22) -Un livre ouvert

prédication Apocalypse 22 : Pierre Constant, 2022_05_29, église AB Lausanne

titre : Apocalypse #14b: Un livre ouvert – chapitre 22

Résumé : Si beaucoup de gens perçoivent l’Apocalypse comme un livre difficile à comprendre, plein de ‘mystères’ et de symboles incompréhensibles, des annonces embrouillées de prédictions face à l’avenir, si plusieurs n’y voient que des promesses peu reliées au monde présent, le chapitre final remet les choses en place. Ce chapitre (1) nous rappelle la visée de l’ensemble du livre, (2) il certifie la vérité du témoignage qui y est rendu, (3) il ramène à l’avant-scène son personnage principal, et (4) il indique la pertinence de toute cette révélation pour le temps présent. L’Apocalypse n’est pas un livre qui se perd dans l’avenir, mais un message divin qui nous interpelle dans le temps présent.
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Apocalypse #14b: (chap 22) -Un livre ouvert

Introduction

Si beaucoup de gens perçoivent l’Apocalypse comme un livre difficile à comprendre, plein de ‘mystères’ et de symboles incompréhensibles, des annonces embrouillées de prédictions face à l’avenir, si plusieurs n’y voient que des promesses peu reliées au monde présent, le chapitre final remet les choses en place.

Ce chapitre (1) nous rappelle la visée de l’ensemble du livre, (2) il certifie la vérité du témoignage qui y est rendu, (3) il ramène à l’avant-scène son personnage principal, et (4) il indique la pertinence de toute cette révélation pour le temps présent.

L’Apocalypse n’est pas un livre qui se perd dans l’avenir, mais un message divin qui nous interpelle dans le temps présent.

La division en chapitres est parfois trompeuse, et c’est le cas dans ce dernier chapitre de la Bible. Les vv. 1-5 poursuivent en réalité une section débutée en Apoc. 21.1, tandis que les vv. 6-21 constituent la conclusion du livre.

Nous allons tout d’abord étudier la suite du texte en quatre temps, après quoi je désire conclure en offrant quelques suggestions pour une meilleure compréhension de l’Apocalypse dans son ensemble.

A. Survol d’Apocalypse 22

1. Ce qui est central dans la vision des nouveaux cieux et de la nouvelle terre (22.1-5)

Malgré un nombre important de répétitions de certains éléments déjà mentionnés au chapitre 21 ou encore plus tôt dans le récit (le nom de Dieu sur leurs fronts, il n’y aura plus de nuit, le Seigneur Dieu les éclairera, et ainsi de suite), quelque chose de central apparaît de nouveau, mentionné à deux reprises : « le trône de Dieu et de l’Agneau » (vv. 1, 3).

Le fait que l’expression entière soit répétée attire déjà l’attention ; mais ce trône apparaît au centre : c’est du trône lui-même que sort le fleuve d’eau de la vie, et c’est sur les rives de ce fleuve que se trouve l’arbre de vie. Assurément, les allusions à l’AT sont nombreuses :

  • L’arbre de vie apparaît dans Genèse 2 et 3
  • Le fleuve sortant du trône rappelle le grand fleuve mentionné en Ézéchiel 47, où se trouvent également des arbres aux vertus thérapeutiques. L’image du fleuve est assurément tirée d’Ézéchiel  (quoique non identique). Mais alors que cette prophétie d’Ézéchiel visait surtout le peuple d’Israël, son accomplissement dans le NT dépasse de loin le territoire géographique du pays d’Israël ; nous sommes dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre (Apoc. 21.1), la nouvelle Jérusalem (21.2, 10), là où il n’y a plus de temple (21.22), là où Dieu lui-même habite au milieu de Son peuple pour toujours (21.3). Les premières choses ont disparu, toutes choses sont maintenant nouvelles (21.5).
  • L’expression « ils règneront aux siècles des siècles » fait écho à Dan. 7.27, un autre texte apocalyptique.

Plusieurs ont tenté de comprendre la géographie exacte de ces versets ; cependant, le point central ne réside pas dans la disposition de lieux, mais plutôt dans la centralité accordée au trône de Dieu et de l’Agneau (notons ce lien répété entre Dieu et l’Agneau).

La présence de Dieu ne sera plus médiatisée. Si certains ont pu voir la face de Dieu dans l’Ancien Testament, ce qu’ils ont vu n’était en fait qu’une manifestation bien partielle de Dieu (Exode 24, Exode 34, Ésaïe 6, et ainsi de suite). Mais à ce moment-là, tous les serviteurs de Dieu verront sa face, c’est-à-dire qu’ils jouiront d’un accès direct à Dieu, sans péché, sans voile, sans vision « comme au travers d’un miroir. » Ce sera la perfection ultime.

Je dois ajouter que plus qu’un désir de revoir nos bien-aimés, nous serons en présence du Fils bien-aimé du Père.

Dans les temps de souffrance et de persécutions intenses, au milieu des trahisons et des mises à mort, le livre de l’Apocalypse nous conduit à regarder au-delà des souffrances présentes.

Au début du livre d’Ézéchiel (Ézéchiel 9—11), la gloire de Dieu avait quitté son peuple. À la toute fin du livre, Ézéchiel contemple tout un  renversement : « L' »Éternel est ici » (Ézéchiel 48.35). Voici donc accompli ce qu’annonçait le tout dernier verset du livre d’Ézéchiel : la présence permanente de Dieu parmi Son peuple. Cette parole trouve son accomplissement dans la Nouvelle Jérusalem, encore à venir.

Si, comme Paul le dit, “le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru” (Rom. 13.11), nous ne sommes pas encore en présence du salut final. Certaines dimensions de notre salut sont encore à venir.

 2. L’Apocalypse, une révélation certifiée par une série de témoignages (22.6-11)

Notons les témoins mentionnés dans les versets suivants :

  • v. 6 : le Seigneur, le Dieu des esprits des prophètes ;
  • v. 8 : Jean, qui a entendu et vu ces choses ;
  • v. 9 : l’ange envoyé vers Jean, « compagnon de service et celui de tes frères les prophètes ».

L’ultime supériorité de Dieu et le fait qu’il soit l’unique récipiendaire de l’adoration sont de nouveau notés, tout comme ils l’avaient été en Apoc. 19.10.

Nous avons déjà indiqué, lors de notre tout premier cours, une différence majeure entre la littérature apocalyptique vétérotestamentaire (notamment le livre de Daniel) et l’Apocalypse de Jean, à l’effet que l’Apocalypse est un livre ouvert. En effet, Daniel avait reçu l’ordre de sceller les paroles de la prophétie qu’il avait reçues : « Toi, Daniel, tiens secrètes ces paroles et scelle le livre jusqu’au temps de la fin. Beaucoup alors le liront, et la connaissance augmentera. . . . J’entendis, mais je ne compris pas ; et je dis : Mon Seigneur, quelle sera l’issue de ces événements ? Il répondit : Va, Daniel, car ces paroles seront secrètes et scellées jusqu’au temps de la fin. Beaucoup seront purifiés, blanchis et épurés ; les méchants feront le mal et aucun des méchants ne comprendra, mais ceux qui auront de l’intelligence comprendront » (Dan. 12.4, 8-10).

Jean, par contre, reçoit l’ordre contraire : « Ne ferme pas d’un sceau les paroles de la prophétie de ce livre ! Car le temps est proche. Que celui qui est injuste soit encore injuste, que celui qui est souillé se souille encore, que le juste pratique encore la justice, et que celui qui est saint soit encore sanctifié » (Apoc. 22.10-11). Deux choses importantes à noter de ces parallèles entre Daniel 12 et Apocalypse 22 :

  • Si l’Apocalypse est un livre ouvert, contrairement à celui de Daniel qui devait rester scellé jusqu’au temps de la fin, il semble que ce temps de la fin soit maintenant arrivé lorsque Jean met par écrit l’Apocalypse. Ainsi donc, loin de traiter d’événements qui devront s’accomplir dans un avenir lointain, l’Apocalypse s’adresse d’abord à des gens vivant au premier siècle, capables de comprendre et de saisir la teneur de ce qui leur était adressé.
  • Le v. 11 d’Apocalypse 22, difficile à saisir en lui-même, s’interprète plus facilement à la lumière de Daniel 12.8-10. L’injustice et la souillure dont il est question ne réfèrent pas seulement à des comportements, mais à une incapacité fondamentale des gens, lorsque mis en présence du livre, lorsque subissant les jugements de Dieu mentionnés dans les cycles de jugement présentés dans les heptades, de se repentir et de se tourner vers Dieu.  À titre d’exemple, notons :
    • le fait que les hommes chercheront la mort et ne la trouveront pas, lorsque piqués par les sauterelles lors de la cinquième trompette (Apoc. 9.6) ;
    • le fait que les habitants de la terre perçoivent le témoignage des deux témoins comme un tourment plutôt que comme une grâce de Dieu en leur faveur (Apoc. 11.10) ;
    • la présence de blasphèmes et l’absence notoire de repentance lorsque subissant la quatrième et la cinquième coupe (Apoc. 16.9, 11).
  • Autrement dit, Apocalypse 22.11 dénote l’impossibilité que les êtres humains se tournent d’eux-mêmes vers Dieu. On entend un écho des paroles de Jésus : « Personne ne peut venir à moi, si  le Père qui m’a envoyé, ne l’attire » (Jean 6.44). Il signale également la pure grâce octroyée à ceux et celles qui ont reçu le sceau de Dieu et qui n’ont pas reçu la marque de la bête ; n’eut été de la grâce de Dieu en leur faveur, ils seraient au nombre de ceux qui préfèrent les ténèbres à la lumière. Justes, ils pratiquent la justice ; saints, ils sont encore sanctifiés. Enfin, ce texte laisse transparaître la permanence de ces deux états. En effet, loin de se repentir, les injustes et les souillés persévèrent dans leur égarement spirituel ; contrairement à ce que l’on pense, il n’y aura pas de remords au dernier jugement et par la suite.

Ce que l’on trouvera loin de la face de Dieu, ce seront des gens qui n’auront pas eu ce qu’ils voulaient, et qui vont continuer à vouloir ce qu’ils ne peuvent obtenir, à savoir, leur propre volonté, la capacité de déterminer eux-mêmes ce qui est bien ou mal, et l’impossibilité de voir leurs désirs être assouvis. Ce seront aussi des gens qui reconnaîtront pour l’éternité que la justice et la sainteté qu’ils ont reçues leur auront été accordées par pure grâce, et qu’ils n’auront que l’Agneau à remercier, plutôt que leur propre sagesse.

3. L’Apocalypse, une révélation centrée sur Jésus-Christ et authentifiée par lui (22.12-16)

Jésus prend la parole aux vv. 12-16, et certifie la vérité du témoignage rendu par Jean. Celui qui vient bientôt (v. 12) ne peut être quelqu’un d’autre que Jésus. Ni l’ange, ni Jean, ni le Père n’avaient affirmé une telle venue ; seul Jésus, celui qui nous aime et qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, et à qui ont été donnés la gloire et la puissance pour l’éternité au premier chapitre, est celui dont Jean avait annoncé la venue en Apoc. 1.5b-7. Dans les lettres aux Églises, Jésus affirme « Je viens bientôt » (à Smyrne – 2.16 ; à Philadelphie – 3.11), une parole prononcée  de nouveau par Jésus en 22.20, à laquelle répond : Amen, Viens, Seigneur Jésus !

Si le Père s’était révélé à l’aide des titres « Alpha et Oméga » en Apoc. 1.8, c’est maintenant au tour de Jésus d’affirmer une telle vérité à l’égard de Sa propre personne, une autre manière pour Jean d’affirmer sans équivoque la pleine divinité de l’Agneau, du Fils, de Jésus.

Les vv. 14-15 présentent une dernière fois une vérité centrale de l’Apocalypse : il n’existe que deux peuples, deux genres de personnes :

  • Ceux qui lavent leur robe, qui ont droit à l’arbre de vie, et qui entrent par les portes de la ville. Toutes ces expressions se rapportent au même groupe et sont synonymes les unes des autres.
  • L’autre peuple, diversement présenté tout au long du livre comme étant les habitants de la terre, ceux qui ont reçu la marque de la bête, les injustes et les souillés, et ici présentés sous les titres « chiens, magiciens, débauchés, meurtriers, idolâtres, amoureux du mensonge ».

Jésus prend de nouveau la parole, pour se présenter sous deux autres titres :

  • le rejeton de David (un écho assuré à Ésaïe 11.1) ;
  • l’étoile brillante du matin (cf. 2 Pi 2.19, peut-être un écho de Nombres 24.17, l’astre qui sort de Jacob).

4. L’Apocalypse, une révélation pertinente pour le temps présent (22.17-21)

Le v. 17 contient un double appel :

  • Un premier, adressé à Jésus de la part de l’Esprit et de l’épouse, de la part de « celui qui entend ».
  • Un deuxième appel, adressé cette fois-ci « à celui qui a soif, » nous rappelant de nouveau les paroles d’Ésaïe 55.1.

L’avertissement à conserver intacte et pure cette révélation trouve des parallèles dans la littérature apocalyptique, et est destiné à signaler l’autorité des paroles de « ce livre. ».

Enfin, après une dernière promesse de retour de la part de Jésus, et une dernière réponse sous la forme d’une prière, nous avons une salutation ou une bénédiction semblable à celles trouvées à la fin de certaines épîtres du NT.

Conclusion :

Alors que plusieurs lecteurs contemporains s’égarent à la lecture de l’Apocalypse, alors que plusieurs soi-disant prophètes modernes se perdent en conjectures, se trompent en prédisant l’heure, le jour, l’année du retour de Jésus, alors que plusieurs mystiques fabulent quant au sens d’un livre biblique dont le genre littéraire leur est inconnu mais dont la signification était claire aux yeux et aux oreilles de ses premiers lecteurs, le livre de l’Apocalypse, comme tout livre biblique, ne peut être interprété que d’après son genre littéraire.

Nous ne lisons pas le Lévitique comme nous lisons le livre du prophète Ésaïe, celui des Proverbes, des Psaumes ou de la Genèse. Nous ne lisons pas non plus l’Apocalypse comme un Évangile ou une épître. Nous lisons encore bien moins l’Apocalypse à la lumière des journaux à potins, des prédictions de Nostradamus ou du calendrier maya.

Non, nous lisons l’Apocalypse comme un livre adressé aux chrétiens du premier siècle, appelés à vivre dans ce monde tout en n’étant pas de ce monde. Nous lisons l’Apocalypse comme la révélation de Dieu, écrite dans un style et un genre qui nous est moins familier, mais qui n’est pas hermétique pour autant.

Tout au long de notre cours, nous avons lu l’Apocalypse comme un livre intelligible, certes parfois difficile, mais imbibé d’allusions vétérotestamentaires, imbriqué dans la théologie néotestamentaire, et à la lumière de son genre littéraire.

Nous n’avons pas cherché à analyser le texte très en détail, mais plutôt à comprendre le sens principal et quelques leçons à en tirer, ici et là, dans notre étude. Voici six éléments finaux :

  • Jésus-Christ est le point central et la clé de l’interprétation de ce livre (Apoc. 1.1-2).
  • Lire et écouter ce livre est une bénédiction (Apoc. 1.3).
  • L’Apocalypse a été écrite afin d’encourager des chrétiens à persévérer dans leur témoignage, et ce même au sein de fortes persécutions.
  • Elle a aussi été écrite afin de rassurer les chrétiens que ce qu’ils vivaient était connu de Dieu, et qu’ultimement, ils auraient la victoire.
  • Elle a été envoyée à différentes Églises pour qu’elles corrigent le tir, se repentent de leurs péchés s’il y avait lieu de le faire, et pour les encourager à persévérer jusqu’à la fin.
  • Finalement, elle appelle tous ses lecteurs à venir à Jésus-Christ, à “boire de l’eau de la vie, gratuitement”.

Versets Clefs et Passage Biblique

Apocalypse 22 / Bible Segond21

1. Puis il me montra le fleuve d'eau de la vie, limpide comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l'Agneau.
2. Au milieu de la place de la ville et entre les deux bras du fleuve se trouvait l'arbre de vie qui produit douze récoltes; il donne son fruit chaque mois et ses feuilles servent à la guérison des nations.
3. Il n'y aura plus de malédiction. Le trône de Dieu et de l'Agneau sera dans la ville; ses serviteurs lui rendront un culte.
4. Ils verront son visage et son nom sera sur leur front.
5. Il n'y aura plus de nuit et ils n'auront besoin ni de la lumière d'une lampe ni de celle du soleil, parce que le Seigneur Dieu les éclairera. Et ils régneront aux siècles des siècles.
6. Il me dit: «Ces paroles sont dignes de confiance et vraies; et le Seigneur, le Dieu de l'esprit des prophètes, a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt.»
7. «Voici, je viens bientôt. Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre!»
8. Moi, Jean, j'ai entendu et vu ces choses. Après les avoir entendues et vues, je tombai aux pieds de l'ange qui me les montrait pour l'adorer.
9. Mais il me dit: «Garde-toi bien de le faire! Je suis ton compagnon de service, celui de tes frères les prophètes et de ceux qui gardent les paroles de ce livre. Adore Dieu.»
10. Puis il ajouta: «Ne marque pas du sceau du secret les paroles de la prophétie de ce livre, car le temps est proche.
11. Que celui qui est injuste commette encore des injustices et que celui qui est sale se salisse encore, mais que le juste pratique encore la justice et que celui qui est saint progresse encore dans la sainteté.»
12. «Voici, je viens bientôt et j'apporte avec moi ma récompense pour traiter chacun conformément à son oeuvre.
13. Je suis l'Alpha et l'Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin.
14. Heureux ceux qui lavent leur robe: ils auront droit à l'arbre de vie et pourront entrer par les portes dans la ville!
15. Dehors les chiens, les sorciers, ceux qui vivent dans l'immoralité sexuelle, les meurtriers, les idolâtres et tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge!
16. Moi Jésus, j'ai envoyé mon ange pour vous attester ces choses dans les Eglises. Je suis le rejeton de la racine de David et son descendant, l'étoile brillante du matin.»
17. L'Esprit et l'épouse disent: «Viens!» Que celui qui entend dise: «Viens!» Que celui qui a soif vienne! Que celui qui veut de l'eau de la vie la prenne gratuitement!
18. Je le déclare à toute personne qui écoute les paroles de prophétie de ce livre: si quelqu'un y ajoute quelque chose, Dieu lui ajoutera les fléaux décrits dans ce livre;
19. et si quelqu'un enlève quelque chose aux paroles du livre de cette prophétie, Dieu enlèvera sa part de l'arbre de la vie et de la ville sainte décrits dans ce livre.
20. Celui qui atteste ces choses dit: «Oui, je viens bientôt.» Amen! Viens, Seigneur Jésus!
21. Que la grâce du Seigneur Jésus[-Christ] soit avec tous les saints!

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Apocalypse #14: Les nouveaux cieux, la nouvelle terre, la nouvelle Jérusalem chapitres 21 et 22

Apocalypse #14: (chap 21) -Les nouveaux cieux, la nouvelle terre, la nouvelle Jérusalem

prédication Apocalypse 21 : Pierre Constant, 2022_05_15, église AB Lausanne

titre : Apocalypse #14: Les nouveaux cieux, la nouvelle terre, la nouvelle Jérusalem chapitres 21 et 22

Résumé : Après les jugements, après la souffrance, les martyrs, la victoire totale contre le dragon, la bête et le faux prophète, après le dernier jugement, Jean se tourne enfin vers la félicité céleste, vers les nouveaux cieux et la nouvelle terre, la nouvelle Jérusalem, l’épouse de l’Agneau. Les chapitres 21 et 22 de l’Apocalypse forment un tout, et c’est dans cette optique qu’il nous faut les lire.

Les nouveaux cieux, la nouvelle terre, la nouvelle Jérusalem

Introduction

Après les jugements, après la souffrance, les martyrs, la victoire totale contre le dragon, la bête et le faux prophète, après le dernier jugement, Jean se tourne enfin vers la félicité céleste, vers les nouveaux cieux et la nouvelle terre, la nouvelle Jérusalem, l’épouse de l’Agneau.

Les chapitres 21 et 22 de l’Apocalypse forment un tout, et c’est dans cette optique qu’il nous faut les lire, même si, faute de temps, nous ne pourrons traverser que le chapitre 21 aujourd’hui.

Si, comme je l’ai mentionné quelques fois, le sixième sceau, la sixième trompette et la septième coupe renvoient au jugement dernier, alors la félicité céleste a déjà été évoquée par Jean à quelques  reprises, notamment dans les passages suivants :

  • Tout juste après la septième trompette, en Apoc. 11.19 : « Le temple de Dieu dans le ciel fut ouvert, et l’arche de son alliance apparut dans son temple. »
  • Apoc. 19.6-9, un passage qui annonce le festin des noces de l’Agneau

Les deux derniers chapitres de l’Apocalypse  concluent le livre, mais également toute la Bible. Jean fait converger dans ces quelques versets toute une série de termes et de thèmes qui remontent jusqu’à la Genèse, en passant par l’Exode, le Lévitique, le Deutéronome, les prophètes Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel , Joël et Zacharie. Ces chapitres fourmillent d’allusions vétérotestamentaires qui nous aident à comprendre comment notre Bible se tient ensemble, comment elle présente en réalité une seule grande histoire, celle du salut de Dieu envers Son peuple, comment Dieu est intervenu dans l’histoire pour sauver, délivrer, pardonner, et bénir pour toujours ceux et celles qu’Il a appelés à venir à Lui.

Nous pouvons donc diviser ce chapitre en trois parties :[1]

  • Ce qu’on y trouvera : les nouveaux cieux et la nouvelle terre, la nouvelle Jérusalem (21.1-8).
  • Ce que cela signifie : l’explication des symboles à Jean par l’ange (21.9-21).
  • Ce que l’on n’y trouvera pas (21.22-27).

1. Ce qu’on y trouvera : les nouveaux cieux et la nouvelle terre, la nouvelle Jérusalem (21.1-8)

a. Pour désigner ce nouvel univers, pour présenter ce qu’on trouvera de neuf, Jean emploie quatre métaphores ou quatre expressions. Ces quatre images renvoient toutes à la même réalité : le peuple de Dieu maintenant dans la présence éternelle de Dieu est présenté sous l’image :

  • d’un nouveau ciel et d’une nouvelle terre ;
  • de la ville sainte, la nouvelle Jérusalem ;
  • d’une épouse parée pour son époux ;
  • du tabernacle de Dieu.

Toutes ces expressions sont équivalentes les unes aux autres. Il ne s’agit pas de voir une épouse, dans le tabernacle, situé dans une ville, sur une nouvelle terre à l’intérieur d’un nouveau ciel. Ces métaphores ne s’imbriquent pas les unes dans les autres, mais elles se substituent l’une à l’autre. L’épouse est la nouvelle Jérusalem, qui est le tabernacle de Dieu, lui-même étant la nouvelle Jérusalem, c’est-à-dire, le nouveau ciel et la nouvelle terre. Ceci deviendra plus clair dans la suite, notamment aux vv. 9-21, où un des sept anges dit à Jean qu’il lui montrera l’épouse, la femme de l’Agneau (vv. 9-10a), et qui ensuite lui montre la ville, la nouvelle Jérusalem (vv. 10b-21).

Tout comme le lion de la tribu de Juda était lui-même l’Agneau, que les 144 000 constituaient la grande multitude que nul ne pouvait compter, tout comme les deux témoins étaient décrits comme étant les deux oliviers et les deux chandeliers, ici la nouvelle Jérusalem est elle-même l’épouse, là où Dieu habite (tabernacle), une nouvelle création tout entière (nouveau ciel et nouvelle terre). Ce mélange de métaphores est typique de la littérature apocalyptique, et tenter de les expliquer les unes par rapport aux autres ôte la richesse de ce que Jean cherche à évoquer, à savoir que ce qui attend les enfants de Dieu, le peuple de Dieu, ce sont quatre réalités :

  • La fin des souffrances, la fin de l’attente « jusques à quand ?, » la vue après la foi, la disparition de la mort et de tout ce qui l’accompagne (larmes, deuil, cri, douleur).
  • La présence même de Dieu, immédiate (non médiatisée), permanente et assurée pour l’éternité.
  • La relation avec Dieu sans pareille, celle de l’union d’une épouse avec son époux, intime, sécuritaire, entièrement satisfaisante.
  • La nouveauté totale, la fin complète de tout ce qui caractérisait le péché et ses méfaits, ce monde et ses attraits, ce monde et ses marais, ce monde et ses boulets.

b. Jean présente d’abord un nouveau ciel et une nouvelle terre (v. 1). Il précise que le premier ciel et la première terre avaient disparu, et que la mer n’était plus. Plusieurs échos à l’AT, de même qu’à certains textes du NT, se font entendre :

  • Dans Ésaïe 51.15-16, à propos du retour de l’exil à Babylone, Dieu dit à Ésaïe : « Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui agite la mer et fait mugir les flots, l’Éternel des armées est son nom. Je mets mes paroles dans ta bouche, et je te couvre de l’ombre de ma main, pour étendre de nouveaux cieux et fonder une nouvelle terre, et pour dire à Sion : Tu es mon peuple ! »
  • Ésaïe 65.16b-17 : « Les détresses passées seront oubliées, elles seront cachées à mes yeux. Car je crée de nouveaux cieux et une nouvelle terre ; on ne se rappellera plus les événements du début, ils ne remonteront plus à la pensée. » Ce texte parle encore une fois du retour de l’exil, et sert de toile de fond aux paroles de Jean.
  • Dans Ésaïe 66.22, la promesse de nouveaux cieux et d’une nouvelle terre sert de fondement à la promesse au retour d’Israël à Jérusalem.
  • On entend aussi un écho au Ps 102.26-28 : « Tu as autrefois fondé la terre, et les cieux sont l’ouvrage de tes mains. Eux, ils périront, mais toi, tu subsisteras ; ils s’useront tous comme un vêtement ; tu les changeras comme un habit, et ils seront changés. Mais toi, tu restes le même, et tes années ne finiront pas » (texte cité dans Héb 1.10-12).

En fait, Jean emprunte à l’AT, notamment aux promesses d’Ésaïe, pour annoncer que, tout comme la promesse de nouveaux cieux et d’une nouvelle terre pointaient vers une nouvelle Jérusalem, terrestre, au retour de l’exil, de même le Seigneur lui-même annonce la venue de nouveaux cieux et d’une nouvelle terre, la nouvelle Jérusalem elle-même, comme nous le verrons dans la suite.

  • Enfin, 2 Pi 3.10-13 annonce la venue des nouveaux cieux et de la nouvelle terre (cette fois-ci, de réels nouveaux cieux et une nouvelle terre), là où la justice habitera.

On trouve aussi dans le NT, mais dans des termes différents, l’annonce d’un nouvel univers alors que le monde actuel soupire et souffre les douleurs de l’enfantement (Rom 8.19-22). Ce nouveau monde accueillera notre corps ressuscité et glorifié, notre être complètement régénéré.

Jean n’annonce donc rien de moins que la création d’un nouvel univers, remplaçant ce monde actuel. Il s’agit de cette cité céleste pointant à l’horizon du regard des patriarches, qui ont méprisé ce monde actuel et accepté ne pas recevoir un accomplissement terrestre des promesses divines, parce qu’ils désiraient un autre monde, meilleur, éternel (Hébreux 11).

c. Jean précise que, dans ce nouvel univers, la mer n’est plus. Pourquoi ce détail ?

Nous avons déjà noté que la mer, pour les Juifs, n’était pas quelque chose de calme, de serein, ou encore un appel à la liberté et à l’aventure. Non, la mer, avec ses marées incessantes, ses déferlements et son ressac, est plutôt synonyme de chaos, de danger. Déjà au chapitre quatre, nous avions noté la mer de cristal, qui rendait impossible tout accès au trône.

On lit également en Ésaïe 57.20 : « Les méchants sont comme la mer agitée, qui ne peut se calmer, et dont les eaux agitent la vase et le limon. Il n’y a pas de paix, dit mon Dieu, pour les méchants. » Contrairement à cette mer, jamais tranquille, jamais sereine près des rives, la nouvelle Jérusalem connaîtra la paix parfaite. »

d. Jean décrit ce nouvel univers, cette présence éternelle de Dieu avec son peuple, comme étant l’accomplissement  de plusieurs thèmes théologiques de l’AT, en faisant allusion à certains textes-clés, par exemple :

  • Lév. 26.9-12 : « Je me tournerai vers vous, je vous rendrai féconds, je vous multiplierai, et je maintiendrai mon alliance envers vous . . . . J’établirai ma demeure au milieu de vous . . . . Je marcherai au milieu de vous, pour être votre Dieu, et pour que vous soyez mon peuple. »
  • Jér. 31.1 : « Je serai Dieu pour toutes les familles d’Israël, et ils seront mon peuple. »
  • Ézéchiel 37.26-28 : « Je conclurai avec eux une alliance éternelle de paix, et il y aura une alliance éternelle avec eux ; je les établirai, je les multiplierai et j’établirai mon sanctuaire au milieu d’eux pour toujours. Ma demeure sera parmi eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple, et les nations reconnaîtront que je suis l’Éternel qui sanctifie Israël, lorsque mon sanctuaire sera pour toujours au milieu d’eux. »

Ce sont là des paroles qui reprennent les termes de la promesse de Dieu à Abraham dans Genèse 12, 13, 15, 17, et 22, répétées ensuite à Isaac, Jacob, répétées en Exode 6, cristallisées dans la personne du roi d’Israël en 2 Samuel 7 (David et sa descendance), et maintes fois reprises par les prophètes.

Si certaines des promesses annoncées par les prophètes pointaient vers le retour d’exil, l’accomplissement de ces promesses demeura bien partiel, indiquant par là que l’accomplissement ultime était encore à venir. C’est ainsi que l’on peut lire dans le livre de Joël : « Vous reconnaîtrez que je suis l’Éternel, votre Dieu, qui demeure à Sion, ma sainte montagne, et les profanes n’y passeront plus » (Joël 4.17).

Est-ce par hasard que Paul écrit en 2 Cor. 6.16-18 : « Nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit : J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; Je serai leur Dieu et ils seront mon peuple.  C’est pourquoi : Sortez du milieu d’eux ; et séparez-vous, dit le Seigneur ; ne touchez pas à ce qui est impur, et moi, je vous accueillerai. Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant ». Toute la révélation de Dieu se dirige là où Jean nous conduit au chapitre 21 de l’Apocalypse. Plus que le règne de 1 000 ans, c’est le règne éternel de Dieu parmi les siens, c’est la présence de Dieu, éternelle, directe, apaisante et protectrice pour toujours.

e. Ce que Jean décrit, celui qui est assis sur le trône le redit : « Voici, je fais toutes choses nouvelles » (Apoc. 21.5). Dieu engage Sa propre personne, Lui, l’Alpha et l’Oméga (des titres qui avaient été employés par Jésus au chapitre 1). Ceci avait été son plan dès l’origine et il mène maintenant à terme sa volonté, en des termes rappelant ceux d’Ésaïe 55 : « Oh, vous tous qui avez soif, venez vers les eaux, même celui qui n’a point d’argent ! » et en guise d’annonce à ce qui sera dit plus loin : « Que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut, prenne de l’eau de la vie gratuitement ! » (Apoc. 22.17).

On trouve ici une nouvelle fois deux groupes, et deux groupes seulement :

  • le peuple de Dieu (même le singulier du v. 7 peut s’entendre au sens collectif ; nous ne mènerons pas une existence individuelle, mais collective, dans la nouvelle Jérusalem) ;
  • l’autre peuple : lâches, incrédules, abominables, meurtriers, débauchés, magiciens, menteurs (ceux qui ne s’attachent pas à la vérité), leur part sera dans l’étang brûlant de feu et de soufre, la seconde mort. Notons que ce sont les personnes elles-mêmes qui sont jugées et condamnées, et pas seulement leurs péchés. Si Dieu a condamné le péché à la croix, ce sont des pécheurs (des gens, des personnes) qui sont « jetés dans l’étang de feu » (cf. 20.15).

2. Ce que cela signifie : l’explication des symboles à Jean par l’ange (21.9-21)

L’un des sept anges qui avait montré à Jean la grande prostituée (17.1) est peut-être le même que celui qui lui montre une autre femme : l’épouse, la femme de l’Agneau (21.9). Nous sommes encore en pleine métaphore ; l’ange ne lui présente pas l’épouse, la femme de l’époux, mais la femme de l’Agneau !

a. L’épouse est la nouvelle Jérusalem, comme nous l’avons indiqué précédemment. Elle a la gloire de Dieu. Elle possède un éclat (v. 11), des murailles, des portes et des fondements (vv. 12-14), dont le nombre évoque la totalité du peuple de Dieu (noms de douze tribus d’Israël, les noms des douze apôtres).

b. L’ange mesure les dimensions de la ville (vv. 15-17). En Apocalypse 11, Jean avait reçu l’ordre de mesurer le temple (sans que les dimensions ne nous aient jamais été données). Ici, nous apprenons quelles sont les dimensions de la nouvelle Jérusalem : 12 000 stades (à 185 mètres au stade, on arrive à plus de 2 000 km). Plus importante que la longueur de ses côtés est sa forme : cubique !

Un seul autre endroit possède cette forme dans toute l’histoire de la révélation : le Saint des saints, ou le lieu très-saint, là où Dieu rencontrait, une fois l’an, le grand-prêtre. La présence de Dieu était très restreinte : une seule personne (le grand-prêtre), une seule fois l’an (le jour des expiations). Dans la Nouvelle Jérusalem, la présence de Dieu est partout.

Les 144 coudées de la muraille au v. 17 désignent probablement l’épaisseur de la muraille.

Les matériaux de la ville rappellent partiellement les pierres enchâssées dans le pectoral du grand-prêtre. On entend de nouveau parler de la muraille, des fondements, des portes. Même les fondements sont ornés de pierres précieuses ! Ceci nous rappelle la richesse de Salomon, mais maintenant poussée à l’exponentielle.

3. Ce que l’on n’y trouvera pas (21.22-27)

a. Pas de temple ! (v. 22). La raison est bien simple : si le temple signifiait la présence de Dieu, là où Dieu rencontrait Son peuple, maintenant, dans la Nouvelle Jérusalem, Dieu s’y trouve partout ! Et non seulement Dieu, mais aussi l’Agneau (une nouvelle allusion à la divinité de Jésus).

b. Pas de soleil ni de lune (v 23). On entend ici un écho de la promesse faite à la Jérusalem restaurée, une promesse prononcée aux temps d’Ésaïe : « Ce ne sera plus le soleil qui te servira de lumière pendant le jour, ni la lune qui t’éclairera de sa lueur ; mais l’Éternel sera ta lumière à toujours. Ton soleil ne se couchera plus ; et ta lune ne se retirera plus, car l’Éternel sera ta lumière à toujours. . . Les jours de ton deuil seront terminés. Il n’y aura plus que des justes parmi ton peuple » (Ésaïe 60.18-20), une vérité reprise en Apoc. 21.27.

S’il n’y a plus de soleil ni de lune dans la nouvelle Jérusalem, la raison en est bien simple : la gloire de Dieu l’éclaire (Apoc. 21.23), et l’Agneau est son flambeau. Notons cette insistance sur la personne de l’Agneau tout au long de ce chapitre. Jean nous parle de l’Agneau en mentionnant :

  • L’épouse, la femme de l’Agneau (v. 9).
  • Les douze apôtres de l’ Agneau (v. 14).
  • Le Seigneur Dieu Tout-Puissant est son temple, ainsi que l’ Agneau (v. 22).
  • L’ Agneau est son flambeau (v. 23).
  • Le livre de vie de l’Agneau (v. 27).

Dans cette nouvelle Jérusalem, on trouvera les nations et les rois de la terre y apportant leur gloire (autre manière de dire que l’Agneau a racheté pour Dieu son Père des gens de tout peuple, de toute langue, de toute tribu, de toute race).

c. Pas de nuit (v. 25), et ainsi nul besoin de fermer les portes pour se protéger (sans oublier qu’aucun ennemi ne pourra venir attaquer ce lieu, à la lumière de ce qui est dit au verset suivant).

d. Enfin, il n’y aura aucun pécheur (v. 27), c’est-à-dire rien de souillé, personne qui se livre à l’abomination et au mensonge. On n’y trouvera que la sainteté et la vérité. Seuls seront là ceux qui sont inscrits dans le livre de vie de l’Agneau.

Conclusion :

La description se poursuit au chapitre 22, que nous étudierons la prochaine fois. Jean terminera avec des paroles de consolation, d’avertissement, et d’espérance certaine.


               [1] Divisions tirées du cours de D. A. Carson sur l’Apocalypse

Versets Clefs et Passage Biblique

Apocalypse 21 / Bible Segond21

1. Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre, car le premier ciel et la première terre avaient disparu et la mer n'existait plus.
2. Je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une mariée qui s'est faite belle pour son époux.
3. J'entendis une voix forte venant du ciel qui disait: «Voici le tabernacle de Dieu parmi les hommes! Il habitera avec eux, ils seront son peuple et Dieu lui-même sera avec eux, [il sera leur Dieu].
4. Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car ce qui existait avant a disparu.»
5. Celui qui était assis sur le trône dit: «Voici que je fais toutes choses nouvelles.» Il ajouta: «Ecris cela, car ces paroles sont dignes de confiance et vraies.»
6. Puis il me dit: «Je suis l'Alpha et l'Oméga, le commencement et la fin. A celui qui a soif, je donnerai à boire gratuitement de la source de l'eau de la vie.
7. Le vainqueur recevra cet héritage, je serai son Dieu et il sera mon fils.
8. Quant aux lâches, aux incrédules, [aux pécheurs,] aux abominables, aux meurtriers, à ceux qui vivent dans l'immoralité sexuelle, aux sorciers, aux idolâtres et à tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre. C'est la seconde mort.»
9. Puis un des sept anges qui tenaient les sept coupes remplies des sept derniers fléaux vint m'adresser la parole et dit: «Viens, je te montrerai la femme, l'épouse de l'Agneau.»
10. Il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne et me montra la ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, d'auprès de Dieu.
11. Elle rayonnait de la gloire de Dieu. Son éclat ressemblait à celui d'une pierre très précieuse, d'une pierre de jaspe transparente comme du cristal.
12. Elle était entourée d'une grande et haute muraille avec douze portes, et à ces portes douze anges; des noms y étaient inscrits: ceux des douze tribus d'Israël.
13. Il y avait à l'est trois portes, au nord trois portes, au sud trois portes et à l'ouest trois portes.
14. La muraille de la ville avait douze fondations qui portaient les noms des douze apôtres de l'Agneau.
15. Celui qui me parlait avait pour mesure un roseau d'or afin de mesurer la ville, ses portes et sa muraille.
16. La ville avait la forme d'un carré et sa longueur était égale à sa largeur. L'ange mesura la ville avec le roseau et trouva 2200 kilomètres; sa longueur, sa largeur et sa hauteur étaient égales.
17. Il mesura aussi la muraille et trouva 72 mètres, selon la mesure humaine qu'employait l'ange.
18. La muraille était construite en jaspe et la ville était en or pur, transparent comme du verre pur.
19. Les fondations de la muraille de la ville étaient ornées de pierres précieuses de toutes sortes: la première fondation était ornée de jaspe, la deuxième de saphir, la troisième de calcédoine, la quatrième d'émeraude,
20. la cinquième de sardoine, la sixième de cornaline, la septième de chrysolithe, la huitième de béryl, la neuvième de topaze, la dixième de chrysoprase, la onzième d'hyacinthe, la douzième d'améthyste.
21. Les douze portes étaient douze perles; chaque porte était faite d'une seule perle. La place de la ville était en or pur, comme du verre transparent.
22. Je ne vis pas de temple dans la ville, car le Seigneur, le Dieu tout-puissant, est son temple, ainsi que l'Agneau.
23. La ville n'a besoin ni du soleil ni de la lune pour l'éclairer, car la gloire de Dieu l'éclaire et l'Agneau est son flambeau.
24. Les nations marcheront à sa lumière et les rois de la terre y apporteront leur gloire.
25. Ses portes ne seront pas fermées de toute la journée, car il n'y aura plus de nuit.
26. On y apportera la gloire et l'honneur des nations.
27. Il n'entrera chez elle rien de souillé, ni personne qui se livre à des pratiques abominables et au mensonge; il n'entrera que ceux qui sont inscrits dans le livre de vie de l'Agneau.

Liens Connexes

Étude Biblique Apocalypse ; Le Fil Rouge de la Bible ; Playlist Apocalypse YouTube ; étude biblique-Groupes de Maison (Lausanne,Prilly Renens) ; Série de prédications Apocalypse de l’église AB-Vevey; Les notes sont mises à disposition en format pdf et peuvent servir comme commentaire biblique.

Apocalypse #13b Le Règne de 1000 ans– chapitre 20

prédication Apocalypse 20 : Pierre Constant, 2022_04_05, église AB Lausanne

titre : Apocalypse #13b Le Règne de 1000 ans– chapitre 20

Résumé : Tout au long de nos rencontres, nous avons signalé que les chrétiens évangéliques diffèrent d’opinion quant à l’interprétation de l’Apocalypse. Nous avions brièvement esquissé quatre approches interprétatives à ce dernier livre de la Bible, de même qu’à la littérature apocalyptique biblique en général (les livres de Daniel, de Zacharie, et certaines sections des livres d’Ésaïe et d’Ézékiel). Ces quatre approches interprétatives sont : l’approche prétériste, l’approche historique, l’approche futuriste, et l’approche idéaliste.

Le règne de 1 000 ans– Apocalypse 20

Introduction

Tout au long de nos rencontres, nous avons signalé que les chrétiens évangéliques diffèrent d’opinion quant à
l’interprétation de l’Apocalypse. Nous avions brièvement

esquissé quatre approches interprétatives à ce dernier
livre de la Bible, de même qu’à la littérature apocalyptique biblique en général (les livres de Daniel, de Zacharie,
et certaines sections des livres d’Ésaïe et d’Ézékiel). Ces quatre approches interprétatives sont : l’approche
prétériste, l’approche historique, l’approche futuriste, et l’approche idéaliste.
Ces divergences d’approches ont donné lieu à diverses écoles de pensée à propos de la prophétie en général
dans la Bible, des écoles qui tentent de structurer l’ensemble de la révélation biblique selon divers schémas
temporels ou chronologiques. Tous s’entendent pour parler d’un mouvement général allant de la création à la
nouvelle création, mais diffèrent dans la manière de subdiviser l’histoire de la relation de Dieu avec son peuple.
De manière à mieux saisir les enjeux dans l’interprétation d’Apocalypse 20, il sera utile de présenter, même si
c’est sommairement, ces grandes écoles, dont les noms se rapportent principalement à leur relation entre le
retour de Jésus et le règne de 1 000 ans (le « millénium ») dont il est question dans Apoc 20.1-10.

A. Un survol des écoles de pensée à propos de l’eschatologie
Avant même de distinguer les diverses écoles de pensée, il convient de citer en entier certaines mises en garde
écrites par Frédéric Buhler il y a déjà plus de cinquante ans :
Aucune vue prophétique n’est entièrement à l’abri d’objections. Aucune ne s’accorde d’une manière
parfaite avec tous les textes bibliques. On pourrait même croire qu’il y a une intention providentielle
dans l’imprécision de certains enseignements. Si certains événements futurs sont bien attestés par les
Écritures (retour corporel et glorieux de Christ, résurrection des morts, enlèvement des croyants
ressuscités ou transformés, jugement final, destruction de la terre avec les oeuvres qu’elle renferme,
apparition d’une nouvelle terre et de nouveaux cieux où la justice habitera), la succession des
événements ne nous est pas donnée avec assez de précisions pour nous permettre d’établir un
programme détaillé et rigide. On constate d’ailleurs parmi les tenants de chaque thèse une variété de
nuances.1
Ceci dit, on distingue grosso modo quatre écoles de pensée à ce sujet :
1 F. Bulher, Retour de Christ et millénium. Schémas des principaux systèmes prophétiques (Mulhouse : Centre de
culture chrétienne, [1976]), 7 (c’est nous qui soulignons).

Le prémillénarisme dispensationaliste :

• Cette école a existé sous différentes formes, mais comme système complet, elle a réellement débuté
vers 1830. Popularisé par James Nelson Darby et C. I. Scofield (notes dans la « Bible Scofield » de 1905).
Très répandu chez les « Darbystes » (frères chrétiens), très populaire au vingtième siècle
• Noms qui y sont associés : James Nelson Darby, C. I. Scofield, Lewis S. Chafer, Charles Feinberg, John
Walwoord, J. D. Pentecost, René Pache, André Lamorte, Charles Ryrie, Darrell L. Bock
• Thèse selon laquelle le règne de 1 000 ans (souvent compris de manière littérale) se situe après le retour
de Jésus-Christ, un règne où le Royaume de Dieu est réinstauré sur terre après une période de « grande
tribulation »
• Le système le plus détaillé, le plus distinct
• Sous-ensemble du pré-millénarisme, qui divise l’histoire en plusieurs « dispensations » (souvent au
nombre de sept), chacune se terminant par l’échec humain et un jugement de Dieu :
o Innocence : de la création, en Éden, jusqu’à la rupture (expulsion hors du jardin)
o Conscience / liberté : de la rupture jusqu’au déluge
o Gouvernement : du déluge à la tour de Babel
o Pèlerinage / promesse : du déluge jusqu’à la promulgation de la Loi (ou encore, de Sodome
jusqu’au Sinaï)
o Loi / Israël : du Sinaï jusqu’au Calvaire
o Église / grâce : du Calvaire jusqu’à l’enlèvement de l’Église
o Royaume : du millénium jusqu’au grand trône blanc
• Cette école possède les mérites suivants :
o A le mérite d’être très structurée, séquentielle,
o Souligne la spécificité et la nouveauté dans le passage de l’AT vers le NT
o Fait appel à l’interprétation littérale des Écritures
• On lui reproche cependant les éléments suivants :
o On ne trouve ce système nulle part en un seul endroit (chaque élément est interprété en
fonction du système, mais le système en tant que tel ne se trouve nulle part)
o Les divisions en dispensations sont aléatoires ou à l’excès
o Il a tendance à compliquer et à multiplier les choses : deux retours de Jésus (pour les saints et
avec les saints), trois jugements (des saints avant et après la tribulation, et à la fin du millénium),
quatre résurrections (des saints, à la fin de la tribulation, à la fin du millénium, et des rebelles
après le millénium)
o Interpréter l’Église ou la Nouvelle Alliance comme une parenthèse dans le plan de Dieu, un plan
B suite au rejet de Jésus de la part des Juifs. En fait, selon Galates 3–4 et Romains 9–11, s’il
existe une parenthèse, elle est plutôt à situer du côté de la Loi, et non du côté de la Nouvelle
Alliance. . . Toute l’épître aux Hébreux s’efforce de présenter la Nouvelle Alliance, inaugurée par
la venue de Christ, comme l’accomplissement des promesses de l’AT, et non comme une
parenthèse avant la venue du royaume.
o De reconstruire le mur entre les Juifs et les païens, renversé par l’oeuvre de Christ
o De présenter l’oeuvre de Christ et l’Église comme non annoncées par les prophètes
o De préférer un royaume juif terrestre, avec la restauration du culte lévitique (retour des
sacrifices, reconstruction du temple)
o D’adopter une interprétation littérale, matérialiste des prophéties de l’AT en contradiction avec
plusieurs passages du NT

Le pré-millénarisme historique (pour le distinguer du pré-millénarisme dispensationaliste) :

• Existait avant le dispensationalisme (d’où le nom « historique »)
• Enseigne que Jésus revient avant le règne de 1 000 ans (ce dernier n’étant pas nécessairement
interprété de manière littérale)
• Quelques noms associés : George Eldon Ladd, Andrew Bonar, Charles H. Spurgeon, Francis Schaffer,
Jules-Marcel Nicole, Ruben Saillens
• Quoique moins structuré que le dispensationalisme (il ne souffre pas des divisions aléatoires en
dispensations), il distingue deux résurrections (croyants avant le règne de 1 000 ans, rebelles à la fin)
• On lui reproche les éléments suivants :
o D’interpréter certaines prophéties de l’AT de manière littérale
o De maintenir l’existence de deux peuples de Dieu (quoique ceci n’existe pas chez tous les prémillénaristes)
o D’insérer un intervalle de 1 000 ans là où Daniel 12.2 et 2 Pierre 3 semblent faire coïncider des
événements (une seule résurrection dans Daniel, la destruction du monde suivant
immédiatement le retour de Jésus en 2 Pierre 3)
• Mais il possède les mérites suivants :
o Il ne tombe pas dans ce qui est perçu comme des excès de la part des dispensationnalistes
o Il prend au sérieux une interprétation plus littérale (ou du moins, moins symbolique)
d’Apocalypse 20
o Il souligne les difficultés a-millénaristes dans leur interprétation d’Apocalypse 20 (que nous
verrons plus loin)
o Lui aussi souligne la spécificité et la nouveauté dans le passage de l’AT vers le NT

Le post-millénarisme

• Modèle selon lequel le millénium s’attache graduellement à l’ère de l’Église qui, par son influence,
amène le royaume de Dieu et conduit vers le retour de Christ, ouvrant ainsi la porte à l’éternité. Le
millénium coïncide ainsi, selon cette approche, avec la dernière partie de l’histoire de l’Église.
• Très populaire à la fin du 19e siècle parmi plusieurs théologiens protestants et même catholiques:
Charles Hodge, A. H. Strong, B. B. Warfield, Pierre Prigent
• Présente une vision très optimiste de l’histoire de l’Église qui, par son influence positive, ouvre la voie au
royaume de Dieu
• On lui reproche :
o Une vision utopiste de l’histoire et de l’influence de l’Église
o De concevoir le royaume de Christ sans la présence de son roi
o De confondre le millénium avec la dernière phase de l’histoire de l’Église2
• Deux guerres mondiales ont considérablement refroidi les ardeurs de voir notre monde comme allant en
s’améliorant (ce qui semblait évident à la fin du 19e siècle)

L’a-millénarisme

• Le « a » est privatif. Cette école ne conçoit pas le millénium comme une réalité terrestre séparée,
détachée de l’ère de l’Église, pendant laquelle Jésus règne physiquement sur terre
• Selon cette école, le millénium se confond avec toute la période de l’Église (donc, elle se distingue ici du
post-millénarisme). Le royaume est plutôt d’ordre spirituel, où Jésus règne sur les siens, et règne aussi
sur notre monde, « bien que nous ne voyions pas maintenant « que toutes choses lui soient soumises »
(Héb 2.8)
• L’a-millénarisme interprète les prophéties de l’AT comme s’accomplissant en très grande majorité
métaphoriquement (ou typologiquement) dans l’Église, et non littéralement dans un règne futur d’Israël
de retour dans son pays
• Cette école possède les avantages suivants :
o Elle base son approche à l’interprétation des prophéties de l’AT principalement sur la manière
dont le NT cite l’AT
o Elle souligne ainsi la grande continuité entre l’Ancienne Alliance et la Nouvelle Alliance
o Elle prend mieux en compte le genre littéraire de l’Apocalypse, et ne tente pas nécessairement
d’interpréter les textes de manière littérale
• Elle fait cependant face à certaines critiques :
o Elle tend à « spiritualiser » certains textes où une interprétation littérale semble préférable
o Elle ne laisse pas de place spéciale à la nation d’Israël dans le déroulement futur du plan de Dieu
o Son interprétation d’Apocalypse 20 est loin de faire l’unanimité
• Bien qu’elle prenne mieux en compte le genre littéraire de l’Apocalypse, nous devrons analyser plus en
détail Apocalypse 20 afin de déterminer si cette interprétation fait justice au texte
Les différences entre ces écoles d’interprétation ne sauraient cependant servir de critère pour s’associer ou se
dissocier d’autres gens qui sont réellement des frères et soeurs en Jésus-Christ. Elles n’ont ainsi pas de place
dans un crédo d’Église, pas plus que dans un crédo d’une école théologique, même si chaque Église ou chaque
école a ses « couleurs » théologiques.
Rappelons-nous aussi qu’adopter une attitude responsable face à l’eschatologie, c’est d’abord veiller, être prêt,
ne pas s’assoupir spirituellement. C’est aussi grandir en sainteté (1 Jean 3.2-3) : l’eschatologie ne devrait pas être
un sujet de division, mais une motivation à la sanctification. C’est enfin un sain regard vers l’avenir, où tous les
enfants de Dieu peuvent espérer la venue des nouveaux cieux et d’une nouvelle terre, où la justice habitera (2 Pi
3.11) : attendre le retour de Jésus-Christ, c’est l’espérance de notre future régénération, et non un motif de
séparation.
2 Buhler, Retour de Christ, 13.

B. Survol d’Apocalypse 20

On peut diviser ce chapitre en quatre sections :

Satan lié pour 1 000 ans (20.1-3)
Si nous lisons ce texte sans y importer tout un système eschatologique, ce texte met l’accent sur une chose : le
fait que Satan est lié pour 1 000 ans, après quoi il faut qu’il soit délié pour un peu de temps. D’une certaine
manière, ce texte est beaucoup moins important que les deux prochains (Apocalypse 21–22), car notre
espérance chrétienne n’est pas dans un règne de 1 000 ans, ni dans le fait que Satan soit lié, mais notre
espérance chrétienne se porte plutôt vers la Nouvelle Jérusalem, vers les nouveaux cieux et la nouvelle terre, la
présence éternelle de Dieu.
On divise souvent les interprétations de ce passage en deux camps :
a. Comprendre ce texte de manière littérale (ou quasi-littérale) (dispensationalisme)
• « 1 000 ans » désignent une véritable période littérale de 1 000 ans
• Satan est totalement empêché d’opérer
b. Comprendre ce texte de manière symbolique ou métaphorique (a-millénarisme)
• 1 000 ans sont compris de manière métaphorique, renvoyant au temps entre la première et la deuxième
venue de Jésus
• Satan est ralenti, empêché de séduire les enfants de Dieu
c. Mais d’autres interprétations sont possibles, notamment (pré-millénarisme historique)
• Les « 1 000 ans » peuvent renvoyer à une période de temps indéterminée
• Satan est totalement empêché d’opérer

Comment s’y retrouver ?

Tout d’abord, soulignons que les nombres sont souvent à interpréter de manière symbolique dans la littérature
apocalyptique, et celui-ci ne fait pas exception à la règle. Quoiqu’il ne soit pas impossible qu’il s’agisse d’une
période de 1 000 ans au sens littéral, la chose est peu probable.
Ce qui est important, cependant, c’est le point central de ces versets : le fait que Satan soit lié et enfermé. Bien
que plusieurs tentent d’interpréter ce texte à partir de plusieurs textes ailleurs dans le NT, nous devons plutôt
nous demander comment l’Apocalypse de Jean présente l’oeuvre du diable. L’ensemble de l’Apocalypse
présente-elle Satan comme étant lié ?
• À la lecture des textes tels qu’Apocalypse 12, où le diable / le dragon , irrité, va faire la guerre au reste
de la descendance de la femme, ou Apocalypse 13, où le diable a comme alliées deux bêtes (la brutalité
des empires, la séduction des faux prophètes), ou encore Apocalypse 17 où la bête paraît pour un
temps, disparaît, reparaît de nouveau, il semble que le diable possède encore beaucoup de liberté
d’action qui fasse contraste avec la situation décrite en Apoc 20.1-3.
• Apocalypse 20 décrit une période de temps où le diable est mis en échec pour une longue période, mais
qu’il reparaîtra à la fin. L’école a-millénariste interprète cette fin comme la « grande tribulation, »
évoquée précédemment dans l’Apocalypse. Mais cette école a encore plus de difficulté à soutenir son
interprétation des vv. 4-8 que nous verrons plus loin.
Encore une fois, notons le point central de ces versets : Satan est emprisonné dans l’abîme qui est fermé et
scellé au-dessus de lui, afin de ne plus séduire les nations, après quoi il sera relâché pour un peu de temps.
Pourquoi cet intervalle dans le déroulement du plan de Dieu ? Le texte ne le dit pas, mais nous pouvons avancer
une ou deux raisons, avec prudence :
• Dieu va user de patience, une nouvelle fois, envers le monde. Si les saints demandent justice à Dieu (cf.
Apoc 6.9-11), Dieu semble prêt à user de patience (cf. 2 Pi 3.9)
• Peut-être Dieu agit-il ainsi pour démontrer sa justice (ce que nous appelons la légitimation de Dieu, pour
donner raison à sa justice). Souvent, les gens déclarent : « Si nous vivions dans un monde parfait, si nous
n’étions pas corrompus par la société, l’être humain démontrerait sa véritable bonté. » La réalité semble
tout autre : même avec un gouvernement parfait, même en l’absence de Satan et de ses sbires, les êtres
humains vont quand même choisir de se rebeller contre Dieu !
• Notre problème fondamental ne se situe donc pas au plan de l’éducation, ou au plan de structures
sociales. Notre problème fondamental comme être humain est le fait de vouloir déterminer nousmêmes
ce qui est bien ou mal, et inévitablement, nous choisissons de nous élever au rang même de
Dieu. Dans nos tentatives de singer Dieu, nous nous retrouvons avec une vulgaire grimace. Rien au
monde ne peut changer notre nature fondamentale, si ce n’est le sang de l’Agneau.

Le règne de 1 000 ans (20.4-6)

Jean décrit des personnes comme les décapités ou les égorgés, à cause du témoignage de Jésus et de la parole
de Dieu (deux éléments régulièrement mentionnés ensemble dans l’Apocalypse).
a. Qui sont ces gens ?
• Seulement les martyrs ? Si oui, alors seulement ce genre de martyrs (que faire des écartelés, des noyés,
etc. ?
• Ils sont définis par la suite : ceux qui ne s’étaient pas prosternés devant la bête ni devant son image, qui
n’avaient pas reçu la marque de la bête sur le front ou sur la main. Nous avons déjà indiqué que ces
expressions désignaient tous les membres du peuple de Dieu. Ils sont décrits ailleurs comme des vierges,
les rachetés d’entre les hommes, les 144 000, ceux qui ont reçu le sceau de Dieu, et ainsi de suite.
• Il ne s’agit donc pas seulement de ceux qui ont été martyrisés pendant la soi-disant « grande tribulation, »
mais de tous les membres du peuple de Dieu.
• Ce sont ceux-là qui ont part à la première résurrection, sur qui la seconde mort (le jugement éternel) n’a
pas de pouvoir.
• Ils sont aussi les sacrificateurs de Dieu et de Christ, une expression à rapprocher d’Apoc 1.5b-6.
b. Que font ces gens ?
• Selon le v. 4, ils « reviennent à la vie. » L’expression grecque peut porter à confusion.
o Selon l’interprétation a-millénariste, on devrait simplement traduire « et ils vécurent, » une
expression à comprendre au sens spirituel, en rapport avec leur conversion.
o La question est à savoir de quelle vie il s’agit : la vie éternelle, ou la résurrection d’entre les
morts?
• Le verbe employé est le verbe « vivre » (e;zwsan, du verbe za,w). C’est toujours le contexte qui indique de
quel genre de vie il s’agit. Le v. 5 précise qu’il s’agit de la première résurrection (avna,stasij), un terme
employé régulièrement en référence à la résurrection d’entre les morts. Les tenants de l’a-millénarisme
prétendent que le verbe au v. 4 doit s’entendre au sens symbolique de la vie éternelle, de la conversion.
Le problème soulevé par cette interprétation est le fait que ce même verbe est celui-là même employé
en Apoc 2.8  » Voici ce que dit le premier et le dernier, celui qui était mort et qui est revenu à la vie » ; ou
encore en Rom 14.9 : « Christ est mort, et il est revenu à la vie pour être le Seigneur des morts et des
vivants. » Cette interprétation du verbe à l’effet qu’il s’agit de la vie éternelle et non de la résurrection
des morts, semble plus provenir du système que du texte lui-même. Personnellement, elle ne me
convainc pas. Je crois qu’il s’agit d’une véritable résurrection. surtout à la lumière de ce que Jean affirme
au v. 5.
c. Que signifient les 1 000 ans ?
• Plusieurs dispensationalistes l’entendent au sens littéral.
• Mais selon ce que nous avons vu jusqu’ici, ce chiffre est vraisemblablement à prendre au sens figuré. Il
désigne ici une longue période de temps.
d. De quel genre de règne est-il question ?
• Le texte est étonnamment muet à ce sujet ! Il n’est précisé nulle part que ce règne soit sur la terre
(quoique cela ne soit pas impossible), à Jérusalem, avec un temple reconstruit. Un règne avec Christ au
ciel est tout à fait possible, mais on ne peut le prouver, ni par ce texte, ni par d’autres textes.
• nous avons ici en fait le pendant positif de ce qui est indiqué au négatif aux vv. 1-3 : alors que Satan est
lié pendant 1 000 ans, les saints qui ont part à la première résurrection règnent avec Christ pendant ces
mêmes 1 000 ans.
Gardons-nous de faire entrer ici toute une série de supposées prédictions de l’AT (souvent interprétées de façon
littérale). Souvenons-nous aussi que plusieurs promesses de l’AT à propos du règne de Dieu sur son peuple se
sont déjà accomplies lors du retour de l’exil, et que ces accomplissements doivent nous servir de grille
herméneutique pour comprendre comment nous devons interpréter ces promesses. Il ne suffira pas de dire que
ces promesses doivent s’interpréter au sens littéral, alors que les textes bibliques pointent régulièrement dans
une autre direction, souvent symbolique. C’est l’ensemble de l’AT et du NT qui doit nous servir de grille
interprétative quant à la manière de comprendre ces promesses de l’AT, et non la présupposition selon laquelle
ces textes doivent être interprétés de manière littérale. Affirmer le contraire, c’est aller à l’encontre de la très
grande majorité des Écritures.

La bataille finale (20.7-10)

À la fin des 1 000 ans, Satan est relâché, pour séduire les nations aux quatre coins de la terre, Gog et Magog,
pour faire la guerre au « camp des saints » et à « la ville bien-aimée » (v. 9).
a. Qui sont ces rois ?
• Dans Ézékiel 38, Gog est un roi, et Magog est son territoire, un territoire se situant en Assyrie. Plusieurs
interprètent ce passage comme renvoyant à une invasion d’Israël à partir de cette région (Iran ou Irak
d’aujourd’hui), à la venue des rois de l’Orient et se soldant avec la bataille d’Harmaguédon (cf. Apoc
16.12-16). Précisons cependant qu’Apoc 16.14 renvoie à des rois « de toute la terre, » et qu’Apoc 20.8
parle des nations qui sont aux quatre coins de la terre, et non seulement en Orient. Tenter de les
identifier à la Russie, à l’Iran, ou au Pakistan relève plus de la fabulation que d’une saine exégèse. . .
• Ces deux noms, Gog et Magog, semblent simplement employés de manière métaphorique pour désigner
les rois de la terre.
b. Qui attaquent-ils ?
• Jean indique qu’ils montent à la surface de la terre (s’agit-il simplement de démons, rappelant les
sauterelles de la cinquième trompette – Apoc 9.1-11 ?).
• Ils investissent « le camp des saints » de même que « la ville bien-aimée. » S’agit-il de Jérusalem ? La « ville »
dans l’Apocalypse réfère parfois au peuple de Dieu (un symbole que nous avons déjà noté dans 4
Esdras).
• Ce qui semble plus important, c’est l’issue de la bataille : dans un langage évoquant un épisode du
ministère du prophète Élie (cf. 2 Rois 1.10-12), le feu descend du ciel, les dévore, alors que le diable luimême
est jeté dans l’étang de feu et de soufre, où se trouvent déjà la bête et le faux prophètes (cf.
19.20), et ils sont tourmentés éternellement (cf. 14.11).

Le grand trône blanc (20.11-15)

C’est ici la seconde mort, mentionnée précédemment au v. 6 : « la seconde mort n’a pas de pouvoir sur eux. »
Le jugement dont il est question est certainement le dernier jugement :
• Tous les êtres vivants doivent rendre des comptes
• La terre et le ciel s’enfuient devant sa face, c.-à-d., l’univers entier disparaît, laissant place aux nouveaux
cieux et à la nouvelle terre (qui seront évoqués au chapitre 21)
• Le « livre de vie » est vraisemblablement le livre dans lequel sont consignés les noms de tous ceux qui
appartiennent à l’Agneau. Les Psaumes mentionnent un « livre de vie » (Pss 56.9, 69.29), de même que
l’épître aux Philippiens (« dont les noms sont dans le livre de vie » – Phil 4.3). Cette expression apparaît à
six reprises dans l’Apocalypse (3.5, 13.8, 17.8, 20.15 [à deux reprises], et 21.27), plus que partout ailleurs
dans la Bible.
Les morts sont jugés « selon les oeuvres » :
• Jean a déjà noté, à maintes reprises, que la victoire, la prêtrise, ont été acquises par le sang de l’Agneau.
• Être jugé selon ses oeuvres, c’est recevoir en fonction de ce que l’on mérite. L’Apocalypse répète encore
et encore que les habitants de la terre ne se repentent pas de leurs oeuvres, et que même après un long
règne de Christ, ils se rebellent de nouveau.
• Loin donc d’enseigner un salut par les oeuvres, ce passage enseigne plutôt la perdition de tous en
réponse à leurs oeuvres mauvaises (cf. Jean 3.17-19).

Conclusion

Le livre de l’Apocalypse n’a pas été écrit dans le but de faire peur, mais de réconforter le peuple de Dieu.
Toutefois, ce réconfort n’est pas offert en cachant la réalité du jugement dernier, en balayant sous le tapis la
justice de Dieu et la nécessité de rendre des comptes à notre Créateur.
Cependant, lorsque l’Apocalypse – et même Jésus – parle du jugement, ce n’est jamais de manière morbide,
comme si Dieu se plaisait à faire souffrir les méchants. Elle enseigne que c’est précisément pour nous épargner
la mort éternelle que le Seigneur Jésus s’est offert, lui, l’Agneau immolé dès la fondation du monde.
Si Dieu a décidé de créer le monde à l’origine, il savait déjà que cette création se ferait au prix de la mort de son
Fils. Et c’est à ce prix qu’il nous a créés, qu’il nous a aimés, qu’il nous a rachetés, et qu’il nous aura glorifiés.
Notre salut dépend de lui du début à la fin.

Versets Clefs et Passage Biblique

Apocalypse 20 / Bible Segond21

1. Puis je vis un ange descendre du ciel. Il tenait à la main la clé de l'abîme et une grande chaîne.
2. Il s'empara du dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, l'enchaîna pour 1000 ans
3. et le jeta dans l'abîme. Il ferma et scella l'entrée au-dessus de lui afin qu'il n'égare plus les nations, jusqu'à ce que les 1000 ans soient passés. Après cela, il faut qu'il soit relâché pour un peu de temps.
4. Ensuite je vis des trônes, et ceux qui s'y assirent reçurent le pouvoir de juger. Je vis aussi l'âme de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, tous ceux qui n'avaient pas adoré la bête ni son image et qui n'avaient pas reçu sa marque sur le front ni sur la main. Ils revinrent à la vie et ils régnèrent avec Christ pendant 1000 ans.
5. [Les autres morts ne revinrent pas à la vie avant que les 1000 ans soient passés.] C'est la première résurrection.
6. Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection! La seconde mort n'a pas de pouvoir sur eux, mais ils seront prêtres de Dieu et de Christ et ils régneront avec lui pendant 1000 ans.
7. Quand les 1000 ans seront passés, Satan sera relâché de sa prison
8. et il sortira pour égarer les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre; elles sont aussi nombreuses que le sable de la mer.
9. Ils montèrent sur toute la surface de la terre et ils encerclèrent le camp des saints et la ville bien-aimée. Mais un feu [venu de Dieu] descendit du ciel et les dévora.
10. Le diable, qui les égarait, fut jeté dans l'étang de feu et de soufre où sont la bête et le prétendu prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles.
11. Je vis alors un grand trône blanc et celui qui y était assis. La terre et le ciel s'enfuirent loin de lui et l'on ne trouva plus de place pour eux.
12. Je vis les morts, les grands et les petits, debout devant le trône. Des livres furent ouverts. Un autre livre fut aussi ouvert: le livre de vie. Les morts furent jugés conformément à leurs oeuvres, d'après ce qui était écrit dans ces livres.
13. La mer rendit les morts qu'elle contenait, la mort et le séjour des morts rendirent aussi leurs morts, et chacun fut jugé conformément à sa manière d'agir.
14. Puis la mort et le séjour des morts furent jetés dans l'étang de feu. L'étang de feu, c'est la seconde mort.
15. Tous ceux qui ne furent pas trouvés inscrits dans le livre de vie furent jetés dans l'étang de feu.

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Apocalypse #13 Le retour du Roi– chapitre 19

prédication Apocalypse 19 : Pierre Constant, 2022_04_04, église AB Lausanne

titre : Apocalypse #13 Le retour du Roi– chapitre 19

Résumé : Babylone la grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre (Apoc 17.5), aussi grande ait-elle pu être, est maintenant détruite, tombée, dépouillée, mise à nu, dévorée, brûlée par le feu (17.16). Les rois de la terre, les marchands de la terre, les pilotes, caboteurs, marins, travailleurs de la mer ont tous crié leur désespoir, parce qu’ils avaient été enivrés du vin de sa débauche, parce qu’ils avaient participé avec elle et s’étaient cru forts, immortels, invincibles, dans leur soif de puissance et leur mercantilisme sans fin. Leur folie mercantile a été leur perte.
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Le retour du Roi– Apocalypse 19

Introduction

Babylone la grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre (Apoc 17.5), aussi grande ait-elle pu
être, est maintenant détruite, tombée, dépouillée, mise à nu, dévorée, brûlée par le feu (17.16).
Les rois de la terre, les marchands de la terre, les pilotes, caboteurs, marins, travailleurs de la mer ont tous crié
leur désespoir, parce qu’ils avaient été enivrés du vin de sa débauche, parce qu’ils avaient participé avec elle et
s’étaient cru forts, immortels, invincibles, dans leur soif de puissance et leur mercantilisme sans fin. Leur folie
mercantile a été leur perte.
C’est maintenant le temps où il n’y a plus de temps, il n’y a « plus de délai, » tel que l’avait annoncé l’ange se
tenant debout sur la terre et sur la mer (Apoc 10.6-7).
Apocalypse 19 accomplit deux choses :
• il reprend la chute de Babylone (19.1-11), elle-même se subdivisant en deux parties (sous l’angle de
deux femmes) :
o le jugement de la grande prostituée (vv. 1-4),
o et l’annonce des noces de l’Agneau avec son épouse (vv. 5-11).
• Ce chapitre présente ensuite le retour du Roi (19.11-21), encore une fois sous deux angles :
o la victoire du Roi des rois accompagné des armées célestes (vv. 11-16),
o et la défaite complète et totale de la bête, du faux prophète, et des rois de la terre et de leurs
armées (vv. 17-21).
Ce chapitre est en fait un flash, une image rapide de ce qui sera présenté plus en détail aux chapitres 20–22.
Rappelons-nous que la littérature apocalyptique est très rarement chronologique ; elle fonctionne plutôt par
suite d’images, semblable à la bande-annonce d’un film.

A. La chute de Babylone (19.1-10)

Le jugement de la grande prostituée (19.1-4)
Jean reprend ici, en quelques versets, les deux chapitres précédents : la chute de Babylone la grande.
a. Bien que Jean mentionne brièvement le jugement de la grande prostituée (aux vv. 2-3), la chute de Babylone
est évoquée sous un angle particulier : sous l’angle des jugements de Dieu. Si « le salut, la gloire et la puissance
sont à notre Dieu, » c’est en raison de ses jugements (v. 1), parce que ses jugements sont véritables et justes
(v. 2). On peut parler des jugements de Dieu selon deux perspectives différentes :

• la perspective des souffrances infligées aux êtres humains, à la bête et au faux prophète. Vu sous cet
angle, les jugements de Dieu nous apparaîtront toujours injustes ;
• la perspective de la justice de Dieu qui s’accomplit, en raison de sa sainteté et en réponse à l’injustice de
ses créatures. Vu sous cet angle, les jugements de Dieu apparaîtront toujours comme justes, parce
qu’émanant d’un Dieu juste, créateur, omniscient, et trois fois saint.
La Bible ne se complaît jamais dans la souffrance humaine, ni chez les prophètes de l’AT ni dans l’Apocalypse.
Même les descriptions les plus sanguinaires des jugements de Dieu (et nous en avons vu des exemples en
Apocalypse 14, tout comme il s’en trouve une autre en fin de chapitre 19 de l’Apocalypse) ne sont jamais
destinées à susciter la haine ou la vengeance du peuple de Dieu ; au contraire, ce sont plutôt la sainteté de Dieu,
le dégoût divin contre tout ce qui est injuste, et la nécessité que justice ultime soit rendue, qui se situent au
coeur de ses jugements.
b. La grande prostituée est jugée en réponse à deux péchés en particulier (v. 2) :
• son premier péché a été de corrompre la terre par son inconduite (sa débauche), un terme à prendre au
sens spirituel d’idolâtrie, du fait de s’élever au rang de Dieu, de déterminer elle-même ce qui est bien et
ce qui est mal, et d’entraîner le monde à sa suite (évoqué en 14.8, longuement décrit en Apocalypse 18,
et résumé en 18.23) ;
• son deuxième péché a été de verser le sang des saints, une vérité déjà évoquée à quelques reprises :
o le jugement de la troisième coupe (fleuves et sources d’eau changées en sang) est en réponse au
fait d’avoir « versé le sang des saints et des prophètes » (16.6)
o Babylone est décrite comme étant « ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus »
(17.6)
o ce péché est enfin mentionné de nouveau en 18.24 (« on a trouvé chez toi le sang des prophètes
et des saints et de tous ceux qui ont été égorgés sur la terre, » une expression qui n’est pas sans
rappeler Apoc 6.9-10, par la répétition du participe evsfagme,nwn)
c. Enfin, ce jugement exercé contre la grande prostituée est encerclé de part et d’autre par des louanges célestes
qui rendent gloire à Dieu : Alléluia (19.1, 3, 4). Les jugements de Dieu, qui apparaissent comme étant
profondément injustes aux yeux des humains, sont réellement « véritables et justes » (v. 2). Nous sommes
tellement ancrés dans notre propre injustice, tellement centrés sur nous-mêmes, obnubilés dans notre
égocentrisme, ensorcelés sous le charme de nos péchés, que nous crions à l’injustice lorsque le seul Dieu juste
exerce sa justice.
Les objections contemporaines à la doctrine du dernier jugement, ou des jugements tout court, tiennent
beaucoup plus d’une attention exclusive accordée à la souffrance humaine qu’à la sainteté et à la justice de
Dieu. Sans se délecter de la souffrance humaine, sans tomber dans un Évangile entièrement porté vers le
jugement, nous ne pouvons passer le jugement de Dieu sous silence, sous prétexte qu’il fasse violence à notre
sentiment d’injustice. Dieu est saint et juste, et ses jugements sont véritables et justes. Nier ou amoindrir la
réalité du jugement de Dieu, c’est rejeter ou restreindre la sainteté de Dieu, c’est désavouer la vérité divine
quant à la profonde immoralité de nos péchés, c’est faire fi de l’amour de Christ manifesté à la croix, c’est
prendre à la légère la portée vicariale (susbtitutrice) de la mort de Jésus à la croix.

Les noces de l’Agneau avec son épouse (19.5-10)
a. Dieu a établi son règne ! Après l’appel d’une voix sortant du trône, c’est la voix d’une foule nombreuse
(parallèle à celle du v. 1) qui acclame Dieu, cette fois-ci non pas pour ses jugements véritables et justes, mais de
ce que le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, a établi son règne.
• D’une certaine manière, Dieu règne actuellement. Dieu dirige les destinées humaines, et rien n’échappe
à son contrôle. Le monde présent existe par la puissance et par la volonté de Dieu (cf. Apoc 4.11).
• Mais d’autre part, l’Apocalypse présente aussi un règne final, absolu, là où il n’existera plus aucune
résistance à l’autorité et la majesté de Dieu. C’est ce règne dont il s’agit ici. Et ce règne est présenté ici à
l’aide d’un nouveau titre : les noces de l’Agneau. Après le jugement de Babylone la grande, la mère des
prostituées et des abominations de la terre (17.5), nous avons ici la mention d’une autre femme,
l’épouse de l’Agneau, vêtue de fin lin, éclatant et pur.
Nous avons déjà noté le fait que, dans la littérature apocalyptique, la signification des symboles est donnée
parfois immédiatement, parfois un peu plus loin dans le texte, parfois encore plus loin, et parfois pas du tout.
Nous avons un cas ici où la signification d’un symbole est donnée immédiatement : « Le fin lin, ce sont les oeuvres
justes des saints » (v. 8).
• Jean n’entend certainement pas par là un salut basé sur nos oeuvres ; il a déjà mentionné à plus d’une
reprise que notre salut repose sur l’oeuvre de Jésus, sur sa mort à la croix. La délivrance de nos péchés
nous est accordée « par son sang » (Apoc 1.5b). Les saints ont vaincu le grand dragon, le serpent ancien,
appelé le diable et Satan, l’accusateur de nos frères,  » à cause du sang de l’Agneau » (Apoc 12.11), une
référence sans équivoque à la mort expiatoire et propitiatoire de Jésus à la croix. Le Roi des rois est
« vêtu d’un manteau trempé de sang » (19.13).
• Si son épouse s’est préparée (v. 7), c’est parce qu’il lui a été donné (le verbe est au passif, indiquant que
cela lui a été donné par Dieu, sans aucun doute) de se vêtir d’oeuvres justes, alors qu’elle est déjà
l’épouse de Christ. Ce ne sont pas ces oeuvres qui font d’elle l’épouse, mais ce sont les oeuvres dont elle
est revêtue du fait qu’elle soit l’épouse. C’est parce qu’ils ont été rachetés par le sang de l’Agneau que
les membres du peuple de Dieu ont pu vaincre le diable, qu’ils ont pu persévérer dans leur témoignage
envers la personne de Jésus.
b. Autant les anges possèdent un rôle important dans la littérature apocalyptique, autant l’enseignement de
l’Apocalypse demeure fidèle à l’enseignement de Jésus (vv. 9-11).
En réponse à la déclaration de bénédiction (que l’on appelle en langage théologique un macarisme – du mot
grec maka,rioj), Jean se prosterne aux pieds de l’ange. Celui-ci le reprend sur le champ et l’empêche de
continuer. L’interdiction est présentée en trois temps :
• Un rappel de la nature de l’ange : « ton compagnon de service et celui de tes frères »
• L’ordre d’adorer Dieu seul ! L’Apocalypse a présenté à plusieurs reprises déjà que tous se prosternent
devant Dieu – et devant l’Agneau !
• La prophétie dont cet ange est le porte-parole vise la personne de Jésus. Notre grandeur ne repose que
sur notre relation à lui et sur le témoignage que nous lui rendons, sans plus.

B. Le retour du Roi (19.11-21)

Le roi victorieux (vv. 11-16)
La suite du chapitre présente le retour du Seigneur Jésus, à l’aide d’expressions déjà mentionnées en Apocalypse
1, mais cette fois-ci sous la forme d’un cavalier :
• son nom : Fidèle et Véritable (v. 11), Parole de Dieu (v. 13), Roi des rois et Seigneur des seigneurs (v. 16)
• ses oeuvres : il juge et combat avec justice (v. 11), accompagné de ses armées (v. 14), et il foule la cuve
du vin de l’ardente colère de Dieu (v. 15, un écho d’Apoc 14.19)
• la description de sa personne :
o yeux (flamme de feu – 1.14), tête (plusieurs diadèmes), nom écrit (que nul ne connaît), manteau
(trempé dans le sang) (vv. 12-13), tous des éléments évoquant la royauté
o ses armes : une épée à deux tranchants (1.16), avec laquelle il frappera les nations et les fera
paître avec un sceptre de fer (allusion au Ps 2.9, déjà cité en 2.27 et 12.15)
Ce Roi qui revient est donc présenté sous des traits militaires et conquérants. La suite nous présente une victoire
totale, univoque, sans égale.

Une victoire totale et sans équivoque (vv. 17-21)
Nous avons droit à une autre description d’une victoire violente, à l’aide d’images évoquant un véritable
carnage. Ces images ne sont pas présentées pour exprimer un sentiment de vengeance, mais une victoire totale
et sans égale. La liste des ennemis vaincus est impressionnante :
• rois, chefs militaires, puissants, chevaux et leurs cavaliers, tous, libres et esclaves, petits et grands (v. 18)
• la bête, les rois de la terre et leurs armées (v. 19)
• la bête, le faux prophète (v. 20)
• les « autres » (ceux qui avaient reçu la marque de la bête, qui se prosternaient devant son image) (v. 21)
L’image des oiseaux se rassasiant des vaincus, dévorant goulûment leur chair, évoque l’effroi et la violence des
combats. Si le diable et ses alliés sont vaincus, ils n’admettent aucunement leur défaite, ou du moins ils ne
courberont pas l’échine sans essayer de produire le maximum de dégât possible. Le texte est silencieux sur la
déroulement des combats, et ne donne que la sombre image de la défaite des vaincus.

Conclusion

Si le Seigneur Jésus est présenté comme le Prince de paix, l’Agneau de Dieu, cet Agneau est victorieux, lui qui
nous a délivrés de nos péchés et qui a vaincu le diable par sa mort sur la croix, lui qui possède toute autorité et
tout pouvoir de mener à terme un combat qu’il a initié en versant son propre sang à la croix, et qui se termine
en versant le sang de ses ennemis.
Rien d’autre que sa mort sur la croix ne nous délivre de nos péchés, et rien d’autre que la mise à mort violente
de ses ennemis ne les conduira à reconnaître une fois pour toutes leur défaite.
Certains, parmi les chrétiens du premier siècle, ont dû mener un combat jusqu’à la mort dans leur témoignage
rendu à Jésus-Christ. L’Agneau de Dieu, mort à la croix pour eux, les assure d’une victoire totale, éclatante, sans
triomphalisme, mais sans aucune équivoque.
D’autres frères et soeurs à travers l’histoire ont eu à payer leur témoignage au prix de leur vie. Encore de nos
jours, certains sont mis à mort sans pitié parce qu’ils rendent témoignage à l’exclusivité, l’autorité et la
seigneurie de Jésus-Christ. Puissent-ils trouver, puissions-nous trouver, avec les multitudes célestes, et dans la
certitude de la victoire de Jésus à la croix, le courage et la ténacité à persévérer.

Versets Clefs et Passage Biblique

Apocalypse 19 / Bible Segond21

1. Après cela, j'entendis dans le ciel comme la voix forte d'une foule immense qui disait: «Alléluia! Le salut, la gloire et la puissance sont à notre Dieu.
2. Oui, ses jugements sont vrais et justes, car il a jugé la grande prostituée qui corrompait la terre par son immoralité et il a vengé ses serviteurs en lui redemandant leur sang, qu'elle avait versé.»
3. Ils dirent une seconde fois: «Alléluia! Et la fumée de cette ville s'élève aux siècles des siècles.»
4. Les vingt-quatre anciens et les quatre êtres vivants se prosternèrent alors et adorèrent le Dieu qui est assis sur le trône en disant: «Amen! Alléluia!»
5. Une voix sortit du trône et dit: «Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands!»
6. Et j'entendis comme la voix d'une foule immense. Elle ressemblait au bruit de grosses eaux, au grondement de forts coups de tonnerre, et elle disait: «Alléluia! Car le Seigneur, notre Dieu tout-puissant, a établi son règne.
7. Réjouissons-nous, soyons dans la joie et rendons-lui gloire, car voici venu le moment des noces de l'Agneau, et son épouse s'est préparée.
8. Il lui a été donné de s'habiller d'un fin lin, éclatant, pur.» En effet, le fin lin, ce sont les oeuvres justes des saints.
9. L'ange me dit alors: «Ecris: 'Heureux ceux qui sont invités au festin des noces de l'Agneau!'» Puis il ajouta: «Ces paroles sont les véritables paroles de Dieu.»
10. Je tombai à ses pieds pour l'adorer, mais il me dit: «Garde-toi bien de le faire! Je suis ton compagnon de service et celui de tes frères et soeurs qui gardent le témoignage de Jésus. Adore Dieu, car le témoignage de Jésus est l'esprit de la prophétie.»
11. Ensuite, je vis le ciel ouvert, et voici qu'un cheval blanc apparut. Celui qui le montait s'appelle «Fidèle et Véritable», il juge et combat avec justice.
12. Ses yeux étaient comme une flamme de feu et il y avait de nombreuses couronnes sur sa tête. Il portait un nom écrit, que personne d'autre que lui ne connaît.
13. Il était habillé d'un vêtement trempé de sang. Son nom est «la Parole de Dieu».
14. Les armées célestes le suivaient, montées sur des chevaux blancs et habillées d'un fin lin, blanc et pur.
15. De sa bouche sortait une épée aiguë [à deux tranchants] pour frapper les nations. Il les dirigera avec un sceptre de fer et il écrasera lui-même le raisin dans la cuve à vin de l'ardente colère du Dieu tout-puissant.
16. Il portait sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit: «Roi des rois et Seigneur des seigneurs».
17. Je vis un [autre] ange debout dans le soleil. Il cria d'une voix forte à tous les oiseaux qui volaient haut dans le ciel: «Venez, rassemblez-vous pour le grand festin de Dieu
18. afin de manger la chair des rois, la chair des chefs militaires, la chair des guerriers, la chair des chevaux et de ceux qui les montent, la chair de tous les hommes, libres et esclaves, petits et grands.»
19. Alors je vis la bête, les rois de la terre et leurs armées rassemblés pour faire la guerre à celui qui montait le cheval et à son armée.
20. La bête fut capturée, ainsi que le prétendu prophète qui avait accompli devant elle des signes miraculeux pour égarer ceux qui avaient reçu la marque de la bête et adoré son image. Tous les deux furent jetés vivants dans l'étang ardent de feu et de soufre.
21. Les autres furent tués par l'épée qui sortait de la bouche de celui qui montait le cheval, et tous les oiseaux se rassasièrent de leur chair.

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Apocalypse #12 :La chute de Babylone la grande Apocalypse 17,18

prédication Apocalypse 17 : Pierre Constant, 2022_03_21, église AB Lausanne

titre : Apocalypse #12 :La chute de Babylone la grande Apocalypse 17,18

Résumé : Après les trois cycles de jugements (sceaux, trompettes et coupes), Jean revient sur un thème qu’il a déjà
abordé : le jugement de Babylone (Apoc 14.8), ou la destruction du trône de la bête (évoquée lors des
cinquième et sixième trompettes, alors que “Dieu se souvint de Babylone la grande” — Apoc 16.19). Nous avons
une fois de plus des indices à l’effet que l’Apocalypse nous présente une série de “flashs” dont certains se
superposent les uns aux autres. À cet égard, l’Apocalypse ressemble à une bande-annonce de film, où les scènes
ne sont pas présentées de manière séquentielle, mais entremêlées pour susciter l’intérêt et aiguiser l’appétit du
spectateur. L’Apocalypse ne nous présente pas la suite chronologique des événements, mais plutôt une série de
flashs destinés à encourager les auditeurs et les lecteurs à persévérer, à tenir bon, et à continuer à rendre
témoignage à Jésus.

Apocalypse #12 : La chute de Babylone la grande Apocalypse 17,18

Introduction

Après les trois cycles de jugements (sceaux, trompettes et coupes), Jean revient sur un thème qu’il a déjà
abordé : le jugement de Babylone (Apoc 14.8), ou la destruction du trône de la bête (évoquée lors des
cinquième et sixième trompettes, alors que “Dieu se souvint de Babylone la grande” — Apoc 16.19). Nous avons une fois de plus des indices à l’effet que l’Apocalypse nous présente une série de “flashs” dont certains se
superposent les uns aux autres. À cet égard, l’Apocalypse ressemble à une bande-annonce de film, où les scènes
ne sont pas présentées de manière séquentielle, mais entremêlées pour susciter l’intérêt et aiguiser l’appétit du
spectateur. L’Apocalypse ne nous présente pas la suite chronologique des événements, mais plutôt une série de
flashs destinés à encourager les auditeurs et les lecteurs à persévérer, à tenir bon, et à continuer à rendre
témoignage à Jésus.
Sans grande surprise, ces deux chapitres de l’Apocalypse font l’objet de différences assez marquées entre les
interprètes. Les tenants du prétérisme y voient une prédiction d’événements précis accomplis lors de la chute
de Jérusalem en l’an 70 après Jésus-Christ, ceux de l’approche historique y lisent la chute de la Rome impériale
au cinquième siècle, ou celle de la Rome religieuse (à l’époque de la Réforme), les futuristes l’interprètent
comme une prédiction du royaume de l’Antichrist (encore à venir), tandis que les tenants de l’approche
idéaliste, enfin, y perçoivent plutôt une annonce de la chute de la Rome symbolique de tous les royaumes
(totalitaires ou non) opposés à Dieu, passés, présents ou à venir.

A. Babylone, la grande prostituée (Apoc 17.1-6)

Notons que cette fois-ci, ce n’est pas un des quatre êtres vivants qui s’adresse à Jean, mais un des sept anges qui
tenaient les coupes. Le même phénomène se produira lors de la présentation de l’épouse de l’Agneau (21.9).
Deux femmes, donc : la grande prostituée, et l’épouse parée pour son époux – la nouvelle Jérusalem (cf. 21.2).
L’image d’une femme évoquant une ville, ou le peuple de Dieu, trouve un parallèle dans 4 Esdras 9–10.
En présentant Babylone sous les traits d’“une femme assise sur une bête” très puissante, à sept têtes et dix
cornes (Apoc 17.3), Jean nous rappelle que cette bête est au service du dragon mentionné au chapitre 12, qui
est présenté de la même manière (Apoc 12.3). Il s’agit vraisemblablement de la même bête qui monte de la
terre et qui possède, elle aussi, sept têtes et dix cornes (13.1).
La femme est assise sur cette bête, non pas pour s’en servir comme moyen de transport, mais comme un appui,
un allié. Tout ce beau monde est au service de l’ennemi de Dieu, le diable et Satan.
Jean présente également la chute de Babylone en empruntant aux images tirées de l’AT : le récit des coupes
renvoyait déjà à plusieurs images tirées des plaies d’Égypte (Apoc 16.3-21) tandis que, encore plus tôt dans le récit, l’image des deux témoins empruntait au ministère d’Élie de même qu’aux livres d’Ézéchiel et de Zacharie
(Apoc 11.1-6) ; Jean emploie maintenant des images tirées d’Ésaïe et de Jérémie, comme nous le verrons.
Babylone est jugée pour son « inconduite » (à deux reprises au v. 2). Les « habitants de la terre » se sont joints à elle
en s’enivrant du vin de son inconduite. Nous verrons au chapitre 18 que les marchands de la terre se
lamenteront de la chute de Babylone, principalement en termes commerciaux. Ici, ce qui est reproché à la
grande prostituée est son inconduite (pornei,a), aussi traduit par « débauche » dans certaines versions. La
perspective est spirituelle : plutôt que servir Dieu, plutôt que de se servir de ses richesses pour glorifier Dieu,
elle s’en est servi pour s’élever et prétendre au trône de Dieu.
• Jézabel séduit les serviteurs de Jésus à l’Église de Thyatire pour qu’ils se livrent l’inconduite (2.20-21)
• Meurtres, sortilèges, inconduite et vols sont au nombre des péchés dont les êtres humains ne se
repentent pas, malgré les fléaux qui tuent le tiers des hommes (9.21)
• Babylone a abreuvé toutes les nations du vin de la fureur de son inconduite (14.8)
• Les « habitants de la terre » se sont enivrés avec elle du vin de son inconduite (17.2)
• Toutes les nations de la terre ont bu du vin de la fureur de son inconduite (18.3)
• Les rois de la terre se sont livrés avec elle à l’inconduite et au luxe (18.9)
• Elle corrompt la terre par son inconduite (19.2)
Cette inconduite n’est pas à prendre au sens littéral, mais au sens spirituel. Toute idolâtrie, toute adoration
accordée à une autre personne ou à une autre puissance qu’à Dieu lui-même, est taxée de débauche spirituelle.
Ce thème emprunte largement à l’AT, plus précisément à Ésaïe et à Jérémie :
• Ésa 23.15-18, où Ésaïe prophétise contre la ville de Tyr
• Le prophète Ézékiel annonce (Ézékiel 26–28) la destruction de la ville de Tyr aux mains des Babyloniens
• En Jér 51.7-14, Jérémie annonce la chute de Babylone (littérale)
• Dieu dénonce l’inconstance de Juda et de Jérusalem en la taxant d’infidélité (Jér 2.20-24, 13.26-27)
Ainsi, que ce soit Tyr, Sidon sa voisine, ou Babylone, des villes prospères, puissantes, invincibles (ou du moins, on
le pensait), toutes en sont venues à tomber, en raison de leur orgueil, de leur idolâtrie, de leur débauche
spirituelle. Rome, la Babylone du temps de Jean, allait subir le même sort, comme tous les empires subséquents,
peu importe leur puissance et leur mainmise temporaire sur les affaires humaines.
Tout régime, qu’il soit politique, militaire, ou économique, qui ne se met pas au service de Dieu, vient
ultimement à s’élever, mais également à disparaître. Dieu ne tolère aucune concurrence lorsqu’il s’agit de sa
gloire. Malheureusement, tous les régimes, peu importe leur nature, ont tendance à se diviniser et à se croire
éternels. Ils n’en vont que plus rapidement à leur perte.
Même si « Babylone la grande, » même si cette Rome semblait en pleine possession de ses moyens, semblable à
une femme ivre assise une bête invincible, Dieu annonce à ses témoins que cet empire n’est que temporaire et
qu’il disparaîtra à son tour. Même Jean est frappé d’étonnement à la suite de ce qu’il voit (Apoc 17.6).

B. Babylone identifiée (Apoc 17.7-18)

Jean voit son nom écrit sur son front : « Babylone la grande » (v. 5). Nul besoin de spéculer quant à l’identité de
cette grande prostituée, même si ceci est présenté comme un mystère, c.à-d., un secret jadis caché mais
maintenant révélé.
L’ange interprète la signification de la femme et de la bête, mais il commence par la bête plutôt que par la
femme. Les vv. 8-10 parlent de la durée limitée du règne de la bête sur laquelle cette femme est assise. La bête
monte de l’abîme et s’en va à la perdition. Elle était, elle n’est plus, et elle reparaît (v. 8). Au moment où Jean
reçoit cette révélation, la bête n’est plus, mais elle va reparaître. Ceci s’accorde avec ce que nous avions dit
précédemment, à savoir que cette bête ne se rapporte pas seulement à un seul personnage, un seul empire, ou
à un seul événement, mais plutôt à une suite d’éléments.
Cette bête, tout comme les bêtes souvent associées à des royaumes ou à des rois dans le livre de Daniel, réfère
vraisemblablement à un royaume ou un empire, mais pas à un seul. Bien qu’elle désigne Rome dans le contexte
immédiat, selon ce que dit l’ange au v. 9 (les sept montagnes ne peuvent renvoyer qu’à la Rome impériale),
cette bête désigne également tous les royaumes successifs qui auront les mêmes prétentions que Rome.
Rome se voyait elle-même à l’époque comme le centre de l’univers. Elle contrôlait le commerce, elle était la
superpuissance militaire à laquelle rien ne résistait, et en plus, elle exigeait de la part de tous les peuples
conquis un hommage allant jusqu’à l’adoration. Rome s’était elle-même divinisée, elle exigeait des sacrifices à
l’empereur comme à un dieu, elle adorait ses empereurs comme des dieux, augustes, sauveurs, dieux, seigneurs,
et encore et encore. Pas étonnant que Jean la présente comme une bête proférant des blasphèmes (13.5-6) !
Cette Rome n’est en fait qu’une des nombreuses manifestations du diable. Celui-ci agit à travers l’histoire, tantôt
d’une manière, tantôt d’une autre, parfois avec grande férocité, parfois avec séduction. Il connaît des moments
ascendants, des apogées, des disparitions aussi soudaines qu’imprévues, mais il finit par ressurgir, s’opposer de
nouveau à Dieu et à son peuple (vv. 8-13). Le diable ne travaille pas seul ; il a des alliés (la bête, le faux prophète,
les royaumes de ce monde), qui travaillent tous dans le même sens (v. 13).
Cependant, cette bête n’est pas invincible, malgré sa puissance et celle de ses alliés. Jean mentionne brièvement
au v. 14 ce qu’il présentera plus en détail au chapitre 19 : la victoire de l’Agneau et des appelés, des élus, des
fidèles. Il a déjà évoqué cette victoire lors de la sixième et de la septième coupe, et il y reviendra encore une fois
au chapitre 20.
Chacun de ces empires, de ces royaumes dans l’histoire, vient à tomber (vv. 16-17). Les cornes et la bête en
viennent à haïr la prostituée, la dépouiller, la mettre à nu, manger sa chair, la consumer par le feu. Voilà toute
une série de métaphores qui présentent cette femme tour à tour comme une prostituée mise à nu, un animal
dévoré, une ville consumée par le feu. Si les rois ont un même dessein (mi,an gnw,mhn) et donnent leur puissance
et leur pouvoir à la bête, du moins pour un temps (vv.12-13), Dieu règne de façon suprême : il a mis dans leur
coeur d’exécuter son dessein (poih/sai th,n gnw,mhn auvtou/), d’exécuter un même dessein (poih/sai mi,an gnw,mhn),
jusqu’à ce que ses paroles soient accomplies (v. 18).

C. Babylone abandonnée (Apocalypse 18)

Babylone la grande tombe ! Elle devient une habitation de démons, un repaire de tout oiseau impur et détesté.
Ces expressions sont synonymes de jugement de Dieu dans l’AT :
• en référence à Babylone (Ésa 13.19-22)
• par rapport à Édom (Ésa 34.9-14, surtout les vv. 13-14, et Mal 1.3)
• à propos de Jérusalem et des villes de Juda (Jér 9.11, 10.22)
• sur la ville de Hatsor en Galilée, bâtie par Nébucadnetsar (Jér 49.33)
• de nouveau au sujet de Babylone (Jér 50.39 et 51.37, traduit « bêtes sauvages ») (voir Jér 50.34 // Apoc
18.8 !)
Jean présente trois genres de réactions face à la chute de Babylone la grande :

La réaction du peuple de Dieu (18.4-8)
Une voix du ciel instruit le peuple de Dieu : celui-ci est appelé à « sortir du milieu d’elle. » Ceci est une citation de
Jér 51.45 et n’est pas sans rappeler le texte d’Ésa 52.11 (« Ne touchez rien d’impur ! Sortez du milieu d’elle !
Purifiez-vous . . . »), paroles citées dans 2 Cor 6.17. À chaque fois, il ne s’agit pas d’un retrait hors du monde, ou
d’un appel à l’ermitage. Cette sortie n’est pas physique, mais spirituelle, tout comme Jésus l’avait laissé entendre
dans sa prière en Jean 17.15 : « Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les garder du mal. »
Souvent employé à tort pour justifier des séparations d’Églises, cette injonction est un appel à ne pas participer
aux péchés de Babylone la grande et ainsi ne pas subir les mêmes jugements qu’elle.

La réaction des « habitants de la terre » (18.9-19)
D’autres, loin de sortir du milieu de Babylone, sont néanmoins obligés de se tenir à distance (vv. 10, 15, 17).
Les « rois de la terre » déplorent son malheur, si soudain, si rapide (vv. 9-10).
Les « marchands de la terre » (v. 11) gémissent eux aussi, non pas des malheurs de Babylone, mais de leur propre
malheur ! Ils pleurent la perte de leur commerce (vv. 11-16) ; leurs pleurs sont des signes de deuil, mais pas des
signes de repentance ! La longue liste de leurs marchandises (vv. 12-13) est typique de la littérature
apocalyptique ; elle va jusqu’à inclure la traite d’esclaves, qui n’avait rien à voir avec les races à cette époque,
mais plutôt avec les butins de guerre.
Les marchands, terrestres ou marins (cf. v. 17) pleurent et sont dans le deuil (v. 15) ; ils sont aux abois parce que,
s’étant enrichis par elle, leur commerce a maintenant pris fin (vv. 15-18).

La réaction dans les lieux célestes (18.20-24)
Enfin, le ciel et le peuple de Dieu sont appelés à se réjouir (v. 20) ! Parce que Dieu a fait justice en la jugeant, un
écho et une réponse à la prière des saints sous l’autel en Apoc 6.9-10.

Babylone est complètement détruite ! (vv. 21-24). À l’époque de Jean, les chrétiens pouvaient certainement se
rappeler que la vraie Babylone avait été ravagée, et qu’elle n’était plus qu’un méprisable village sans
importance, même si elle avait connu des heures de gloire, qu’elle avait contrôlé tout un empire, qu’elle avait
abrité pour un temps l’une des sept merveilles du monde (les fameux jardins suspendus). De la même manière,
même si Rome semblait invincible, que sa puissance allait encore en croissant à leur époque, les chrétiens
devaient se rappeler que cette Babylone serait détruite à son tour, même si la fidélité de leur témoignage à
Jésus signifiait pour certains d’entre eux de mourir martyrs (v. 24).

Conclusion :

Babylone pour toujours condamnée
Si Babylone renvoie principalement à la ville de Rome aux temps de l’apôtre Jean, elle symbolise également tous
les royaumes et toutes les puissances qui s’opposent à Dieu et à son peuple.
Jean rappelle à ses lecteurs, dans un langage empruntant à Jér 51.64, que peu importe l’influence, la puissance,
l’autorité, la force militaire ou économique d’un quelconque système, tous ces systèmes seront jugés et
disparaîtront un jour. Tous devront rendre compte au Seigneur des seigneurs et au Roi des rois (17.14). Ceci est
un sérieux avertissement pour tous les membres du peuple de Dieu qui désireraient être trop étroitement liés
avec

liés avec ce monde actuel (cf. 2 Cor 6.14–7.1).
Le peuple de Dieu doit marcher dans un étroit sentier, être « dans ce monde » sans être « de ce monde, » sans
adopter ses valeurs, ses intérêts, ses idoles. Nous ne sommes pas de ce monde, nous rappelle l’apôtre Jean dans
sa première épître (1 Jean 2.15-17).
Il n’est parfois pas facile de prendre la distance critique nécessaire pour juger de notre appartenance ou non à
ce monde et à ses valeurs. Que nous le voulions ou non, nous sommes très occidentaux dans nos valeurs et nos
priorités.
Qu’il s’agisse de la mode, de Facebook, de la musique, des jeux d’ordinateur, des amis d’école ou de travail, nos
amours, nous sommes tous appelés à faire des choix, à mettre nos priorités au bon endroit. Bien sûr, plusieurs
choses ne sont pas forcément mauvaises en soi et peuvent même être utilisées pour la gloire de Dieu (gare au
légalisme, ici). Cependant, notre amour pour Jésus-Christ surpasse-t-il notre attachement à toutes ces choses ou
à ces personnes ? Si elles devaient nous être enlevées, comment réagirions-nous ?
Rappelons-nous les lettres aux sept Églises. Le Seigneur désire nous voir chacun être attaché à Lui avant tout.
Sortir de la ville pour aller vivre au désert ou en forêt, loin des “tentations du monde” ne nous mènera nulle
part, car nous amènerions nos coeurs avec nous. Nous pouvons cependant “sortir de Babylone” en ne prenant
pas part à ses péchés, et en persévérant à rendre témoignage à Jésus-Christ là où nous sommes.

Versets Clefs et Passage Biblique

Apocalypse 17 / Bible Segond21

1. Puis un des sept anges qui tenaient les sept coupes vint me parler et dit: «Viens, je te montrerai le jugement de la grande prostituée qui est assise sur les grandes eaux.
2. C'est avec elle que les rois de la terre se sont livrés à l'immoralité, et c'est du vin de sa prostitution que les habitants de la terre se sont enivrés.»
3. Alors il me transporta en esprit dans un désert et je vis une femme assise sur une bête écarlate, couverte de noms blasphématoires et qui avait sept têtes et dix cornes.
4. Cette femme était habillée de pourpre et d'écarlate et parée d'or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d'or remplie d'abominations et des souillures de sa prostitution.
5. Sur son front était écrit un nom, un mystère: «Babylone la grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre.»
6. Je vis cette femme ivre du sang des saints, du sang des témoins de Jésus. En la voyant, je fus saisi d'un grand étonnement.
7. L'ange me dit: «Pourquoi t'étonnes-tu? Je te dirai le mystère de la femme et de la bête qui la porte, celle qui a les sept têtes et les dix cornes.
8. La bête que tu as vue existait et elle n'existe plus. Elle va monter de l'abîme et s'en aller à la perdition. Les habitants de la terre, ceux dont le nom n'a pas été inscrit dès la création du monde dans le livre de vie, s'étonneront en voyant que la bête existait, qu'elle n'existe plus et qu'elle reparaîtra.
9. C'est ici qu'il faut une intelligence éclairée par la sagesse. Les sept têtes sont sept montagnes sur lesquelles la femme est assise.
10. Ce sont aussi sept rois: cinq sont tombés, l'un règne, l'autre n'est pas encore venu. Et quand il sera venu, il ne doit rester que peu de temps.
11. Quant à la bête qui existait et qui n'existe plus, elle est elle-même un huitième roi; elle fait partie des sept et s'en va à la perdition.
12. Les dix cornes que tu as vues sont dix rois qui n'ont pas encore reçu de royaume, mais ils reçoivent le pouvoir de régner pendant une heure avec la bête.
13. Ils ont une même pensée et ils donnent leur puissance et leur pouvoir à la bête.
14. Ils combattront contre l'Agneau et l'Agneau les vaincra parce qu'il est le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois. Ceux qui ont été appelés, choisis et fidèles et sont avec lui les vaincront aussi.»
15. Puis il me dit: «Les eaux que tu as vues, sur lesquelles la prostituée est assise, ce sont des peuples, des foules, des nations et des langues.
16. Les dix cornes que tu as vues et la bête détesteront la prostituée; elles la dépouilleront et la mettront à nu, elles mangeront sa chair et la détruiront par le feu.
17. En effet, Dieu leur a mis à coeur de réaliser son propre projet en ayant la même pensée et en donnant leur royauté à la bête jusqu'à ce que les paroles de Dieu soient accomplies.
18. Et la femme que tu as vue, c'est la grande ville qui exerce la royauté sur les rois de la terre.»

Apocalypse 18 / Bible Segond21

1. Après cela, je vis un autre ange descendre du ciel. Il avait un grand pouvoir et la terre fut illuminée de sa gloire.
2. Il cria d'une voix forte: «Elle est tombée, [elle est tombée,] Babylone la grande! Elle est devenue une habitation de démons, un repaire pour tout esprit impur, un repaire pour tout oiseau impur et détestable.
3. En effet, toutes les nations ont bu du vin de la fureur de sa prostitution, les rois de la terre se sont livrés avec elle à l'immoralité et les marchands de la terre se sont enrichis grâce à la démesure de son luxe.»
4. Puis j'entendis une autre voix venant du ciel qui disait: «Sortez du milieu d'elle, mon peuple, afin de ne pas vous associer à ses péchés et de ne pas être victimes de ses fléaux.
5. En effet, ses péchés se sont accumulés jusqu'au ciel et Dieu s'est souvenu de ses crimes.
6. Payez-la comme elle a payé et donnez-lui le double salaire de ses actes. Dans la coupe où elle a versé, versez-lui le double.
7. Donnez-lui autant de tourment et de deuil qu'elle a fait la fière et s'est plongée dans le luxe. Parce qu'elle dit dans son coeur: 'Je siège en reine, je ne suis pas veuve et jamais je ne verrai le deuil',
8. à cause de cela, en un seul jour, les fléaux qui lui sont réservés s'abattront sur elle: la mort, le deuil, la famine, et elle sera réduite en cendres. En effet, il est puissant, le Seigneur Dieu qui l'a jugée.»
9. Tous les rois de la terre qui se sont livrés avec elle à la prostitution et au luxe pleureront et se lamenteront à cause d'elle, quand ils verront la fumée de la ville incendiée.
10. Ils se tiendront à distance, par crainte de son tourment, et ils diront: «Malheur! Malheur! La grande ville, Babylone, la ville puissante! En une seule heure ton jugement est venu!»
11. Les marchands de la terre pleurent aussi et sont dans le deuil à cause d'elle, parce que plus personne n'achète leur cargaison,
12. cargaison d'or, d'argent, de pierres précieuses, de perles, de fin lin, de pourpre, de soie, d'écarlate, de toutes sortes de bois de senteur, de toutes sortes d'objets en ivoire, en bois très précieux, en bronze, en fer et en marbre,
13. de cannelle, [d'aromates,] de parfums, de myrrhe, d'encens, de vin, d'huile, de fine farine, de blé, de boeufs, de brebis, de chevaux, de chars, de corps et d'âmes humaines.
14. «Les fruits que tu désirais profondément sont partis loin de toi; toutes ces richesses et ces splendeurs sont perdues pour toi et tu ne les retrouveras plus.»
15. Les marchands de ces produits, qui se sont enrichis en commerçant avec elle, se tiendront à distance, par crainte de son tourment. Ils pleureront et seront dans le deuil;
16. ils diront: «Malheur! Malheur! La grande ville qui était habillée de fin lin, de pourpre et d'écarlate, et parée d'or, de pierres précieuses et de perles! En une seule heure tant de richesses ont été détruites!»
17. Tous les capitaines, tous ceux qui naviguent, les marins et tous ceux qui vivent de la mer se tenaient à distance
18. et ils s'écriaient, en voyant la fumée de l'incendie: «Quelle ville pouvait se comparer à la grande ville?»
19. Ils se jetaient de la poussière sur la tête et ils criaient, dans les pleurs et le deuil: «Malheur! Malheur! La grande ville dont la prospérité a enrichi tous ceux qui possèdent des bateaux sur la mer, en une seule heure elle a été dévastée!»
20. Ciel, réjouis-toi à cause d'elle! Et vous, les saints, les apôtres et les prophètes, réjouissez-vous aussi, car Dieu vous a fait justice en la jugeant.
21. Alors, un ange puissant prit une pierre qui ressemblait à une grande meule et il la jeta dans la mer en disant: «C'est avec la même violence que Babylone, la grande ville, sera jetée à bas, et on ne la retrouvera plus.
22. On n'entendra plus chez toi les sons des joueurs de harpe, des musiciens, des joueurs de flûte et de trompette. On ne trouvera chez toi plus aucun artisan d'un quelconque métier et l'on n'y entendra plus le bruit de la meule.
23. La lumière de la lampe ne brillera plus chez toi et l'on n'y entendra plus la voix des jeunes mariés. Cela arrivera parce que tes marchands étaient les grands de la terre et que toutes les nations ont été égarées par ta sorcellerie,
24. parce que l'on a trouvé chez toi le sang des prophètes, des saints et de tous ceux qui ont été mis à mort sur la terre.»

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